Les tristes dossiers de l’été de la RTBF

Pour ses Dossiers d’été, la RTBF épouse la ligne éditoriale de la chaîne C8. Pour le meilleur mais surtout pour le pire.

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Alors oui, dans l’absolu, les sujets sont intéressants. Lorsque le jeune Édouard Leclerc décide en 1949 de monter une petite épicerie dans son village natal de Bretagne, il n’imagine pas qu’il invente le discount et qu’il sera bientôt à la tête d’un véritable empire représentant aujourd’hui plus de 18 millions de visiteurs annuels à travers 650 magasins. En parallèle à cette plongée au sein du plus gros supermarché de France, Anne-Laure Macq et ses Dossiers d’été analysent la propension des enseignes à réinvestir les centres-villes via des versions miniatures de leur magasin, tels les Carrefour Market ou Proxy Delhaize de chez nous.

On ne peut qu’apprécier l’idée d’infiltrer les coulisses du plus imposant des magasins français car il est certain qu’il y a des choses à dire sur le business opaque des supermarchés. Et effectivement, les mini-grandes surfaces pullulent dans les centres urbains comme l’acné sur le visage d’un ado, et cela peut poser question. Mais cette mise en scène, non. Plus jamais. La lourdeur qui émane des deux reportages, produits par la chaîne française C8, est insoutenable. Cette volonté de faire monter la sauce autour de thèmes aussi banals enlève tout intérêt à la démarche. On en arrive à se demander si un documentaire sur les enfants soldats ou un film des frères Dardenne n’adopteraient pas un ton plus léger. Les habitués du genre apprécieront peut-être l’escalade ridicule de ce suspense inutile, mais les curieux en quête d’informations pertinentes qui souhaitent simplement comprendre la machine qu’est devenu le monde de la grande distribution ne tiendront pas longtemps. La RTBF et Anne-Laure Macq en particulier valent mieux que ça.

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