Quatre femmes face à l’avortement

Dans Un temps de réflexion, Juliette Touin accompagne quatre femmes sur le point d’avorter.

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Décédée ce 30 juin 2017, Simone Veil avait fait de la dépénalisation de l’avortement son cheval de bataille. En 1974, lors d’un discours devenu historique face à l’Assemblée française, elle déclarait: ”Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement”. Un choix qui sera reconnu comme ”un droit humain” par les Nations unies en janvier 2016. Pourtant, aujourd’hui encore, selon une récente étude de l’OMS, 40 % des femmes vivent dans des contrées où l’interruption volontaire de grossesse est ”interdite, limitée ou inaccessible”. Ailleurs, l’acquis est régulièrement remis en cause, comme Moustique vous l’expliquait dans un récent dossier (édition du 29 mars 2017).

Partant de ce constat, Juliette Touin a souhaité mettre en images le parcours de femmes qui ont décidé d’interrompre leur grossesse et s’est rendue à la maternité des Lilas à Paris, “connue pour son engagement affirmé par rapport à l’avortement, dans le sens où ils font tout pour simplifier la vie des femmes qui font ce choix. C’est à travers les médecins et pendant les consultations que j’ai pu parler aux futures protagonistes de mon film”. Pendant plusieurs semaines, elle a suivi pudiquement ces femmes et recueilli leurs questionnements, leurs doutes. Des premières consultations à la décision finale et même jusqu’à l’avortement lui-même. Un choix qu’elle justifie: “C’est un parti pris que de faire entendre la procédure. C’est-à-dire que ça se passe comme ça. C’est bête de se cacher que l’avortement cela peut être une aspiration, une expulsion dans les toilettes. Je ne me voyais pas l’occulter. À ce propos et lorsque j’ai fait visionner ce film à des hommes, j’ai vu que beaucoup d’entre eux ressentaient du dégoût, de la gêne, bien plus que les femmes. C’est un peu une manière de lever un tabou sur le corps des femmes”.

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