Gabon, la richesse gâchée

Complément d’enquête accuse la France d’être complice de la déchéance de son ancienne colonie.

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Le magazine d’investigation présenté par Nicolas Poincaré reste rarement à la surface des choses. Aussi, quand il se met en tête d’enquêter sur le Gabon, son président et son économie en phase de détérioration, l’émission se plonge dans une très longue et copieuse histoire. Et si le zoom vaut le détour, c’est aussi parce que la France est dans la viseur: depuis plus d’un demi-siècle, elle entretient des relations aussi privilégiées qu’ambiguës avec l’État africain. 

On le sait: le Gabon fut jadis une colonie hexagonale, avant que l’indépendance ne soit déclarée en 1960. On le sait moins: ce territoire d’à peine 270.000 mètres carrés – pour l’Afrique, c’est plutôt petit – a longtemps été l’une des nations les plus prospères de son continent, notamment grâce à d’abondantes ressources pétrolières. Le problème? Le clan Bongo, qui gouverne le pays depuis 1967 – d’abord le père Omar, décédé en 2009, puis le fiston Ali – et qui a pris la très mauvaise habitude de ne pas faire profiter son peuple de ces richesses. Colères, émeutes, répression et chaos font dès lors partie du décor. Car depuis une bonne cinquantaine d’années, c’est un peu le géant… français Total qui dicte l’économie du lieu, en compagnie de nombreuses filiales d’entreprises… françaises tirant profit des mines comme des forêts. Vous voyez où on veut en venir: quand une oligarchie ne nourrit pas ses propres hôtes et que, de surcroît, les méthodes dictatoriales en vigueur semblent être appuyées par l’Élysée, il y a largement de quoi écrire un récit dont la politique, les amitiés, le pouvoir et la honte constituent des chapitres passionnants. Les histoires de famille finissent mal, en général… 

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