Miss Daisy et son Uber

Dans l’esprit - mais sans l’envergure - de Cash Investigation, voici Uber, la Contre-Enquête sur une révolution.



reporters_22562983

Nouveau dossier de l’été d’Anne-Laure Macq, qui poursuit ses reprises de reportages de C8. Après Ikea, voici l’inévitable taxi 2.0. Uber eat, uber van, ”ubérisation”, en quelques années, la start-up de San Francisco a envahi les villes, les vies et le vocabulaire. cette incroyable success story mérite effectivement d’être analysée, d’un point de vue journalistique, en donnant la parole aux ”pros” et aux ”antis”. Voilà la mission du soir et elle est accomplie… sans plus. Et surtout sans surprises. 

Les journalistes voyagent, se mettent en scène, s’infiltrent effectivement dans le réseau en jouant les chauffeurs, font parler les uns et les autres, sans langue de bois. Seulement enquêter sur cette entreprise qui pèse aujourd’hui 60 milliards de dollars impliquerait, selon nous, aussi, d’aller un peu plus loin que tout ce que l’on sait déjà. Ce qui nous est montré, l’angoisse des taxis dépassés par cette concurrence qualifiée de déloyale, les débats sur la législation du travail, le business, les conditions de travail des chauffeurs, leur statut précaire, les avantages pour les consommateurs, les horaires interminables, les tarifs… Tout cela a déjà été relayé, dénoncé, dans les médias. Le film revient peu, par exemple, sur ce fameux algorithme qui dicte le prix des courses en temps réel et en toute inhumanité (on l’a vu augmenter les sommes lors des attentats de Londres). On aurait aimé une prise de recul sociologique sur l’air du temps, sur l’ambiguïté de la consommation conviviale et libre qui génère ce que certains appellent des esclaves informatiques… On a eu un format classique. Pas révolutionnaire.

Sur le même sujet
Plus d'actualité