Buffy : quand l’adaptation dépasse l’original

Cinéma et télévision ne cessent de s’inspirer mutuellement. Lequel s’en sort le mieux ? Les adaptations parviennent-elles à faire oublier les originaux ?

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L’original : 1992

À Los Angeles, un homme mystérieux révèle à une pom-pom girl qu’elle a été choisie par le destin pour devenir la nouvelle tueuse de vampires. Et non, ce n’est pas (encore) le pitch de la série culte de Joss Whedon. Avant d’avoir occupé le petit écran pendant sept saisons, Buffy contre les vampires était un film dans lequel Kristy Swanson (qui?) campait le rôle de l’Élue. Sorti en 1992, l’original ne brille pas dans les salles obscures (16 millions de dollars en fin de vie) et tient actuellement un score de 48 sur Metacritic (site qui collecte les notes attribuées à une oeuvre). Le casting du film rassemblait pourtant Donald Sutherland et Luke Perry, le tombeur de ces dames dans les années 90 (Beverly Hills). Notons également la présence, quoique minime, de certaines futures grandes stars telles que Hilary Swank, Ben Affleck et… Seth Green (Oz dans l’adaptation télévisuelle), un des rares acteurs présents dans les deux versions. Déçu des changements apportés à son scénario durant les prémisses du projet, Joss Whedon cesse tout simplement de participer au tournage du film. Il fera part de sa déception à plusieurs reprises en soulignant que le rendu final n’était pas le film qu’il avait écrit. Heureusement qu’il n’a pas abandonné l’univers après l’échec du film, car un monde sans Buffy Summers, la vraie, n’aurait pas de saveur.

L’«adaptation» : 1997-2003

Lancée à la mi-saison, où échouent généralement les séries destinées à une annulation précoce, Buffy dénote par son originalité. Et le succès est au rendez-vous dès le premier épisode tant du côté public que critique (80% pour la première saison sur Metacritic). Sarah Michelle Gellar, celle qui tient le rôle titre, devient la nouvelle « It-girl » et a des débuts encourageants dans le cinéma (Souviens-toi… l’été dernier, Scream 2). L’engouement autour du feuilleton contribue à l’évolution de la télévision américaine. Des projets dans la même mouvance fantastique jeunesse se multiplient (Charmed, Roswell) et Buffy doit même se séparer d’Angel, son bien-aimé, parti affronter ses propres démons dans un spin-off.

À coups de pieu

La force de Buffy contre les vampires réside dans ses personnages. Au fil des saisons, Buffy se transforme. Exit la fille fragile et égoïste des premiers épisodes, Buffy est désormais une femme responsable qui surmonte les obstacles quotidiens (et surnaturels) de la vie à coups de pieu. Les personnages féminins se démarquent par leur force, leur détermination et leur intelligence. Les hommes, plus « insipides », sont relégués au second plan. L’importance de Buffy et ses amies (Willow, Faith, Anya) pour la cause féministe est souvent traitée dans des ouvrages dédiés aux sériés télévisées.

La série ne se limite pas au fantastique. L’intelligence artificielle (le robot humanoïde interprété par John Ritter dans la saison 2) et des sujets délicats tels que le racisme, la mort et le harcèlement sont abordés. Le feuilleton est aussi un des premiers de la télévision américaine à mettre en scène un personnage principal gay. Les histoires de coeur de Willow (Alysson Hannigan, How I met your mother) font partie intégrante du récit. Buffy tire sa révérence le 20 mai 2003, le dernier épisode est suivi par cinq millions de téléspectateurs. Des adieux poignants dont certains dénouements n’ont toujours pas été digérés par les fans. À l’aube des revivals de Twin Peaks ou The X-Files, un retour à Sunnydale est-il plausible? « La protection du monde a été un lourd fardeau pour ses épaules, pour son bien, j’espère qu’elle se détend sur une plage loin de la Bouche de l’enfer », avait évoqué Gellar lors d’une interview accordée Hollywood Reporter en janvier dernier. Bref, une suite n’a pas l’air d’être dans les plans de la comédienne. Et c’est peut-être mieux ainsi.

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