La dictature des jeunes

Le ”jeunisme”, on en parle partout, cela a même été un des thèmes de la Présidentielle. Complément d’enquête y voit une tendance de fond.

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Place aux jeunes! Le slogan n’est pas neuf mais il semble se généraliser dans toutes les sphères de la société. Dans les affaires évidemment, avec ces super managers qui ne sont plus jamais qualifiés de junior, Mark Zuckerberg, milliardaire avant 30 ans, les ados capitaines d’industrie, les Youtubeurs superstars. En politique, la génération X accède enfin au pouvoir. Justin Trudeau a 45 ans, Emmanuel Macron 39 ans, Matteo Renzi, en Italie, 42… Sans parler de la télé, où les Mandarins sont progressivement évacués. Bye bye, PPDA, Claire Chazal, Sophie Darel, plus question de têtes grises à l’antenne. Producteurs, annonceurs, décideurs se plient en quatre pour séduire les 18-35 et les millenials. Leurs passions font loi, leur mode de vie s’impose à tous comme la marche à suivre. Jeune = dynamique, efficace, rapide, en phase avec le nouvel ordre mondial, rien à voir avec l’inexpérience reprochée autrefois.

L’angle choisi par Nicolas Poincaré ce soir est porteur, indubitablement. Tiens, au fait, il a quel âge, le journaliste? 55 ans. Et c’est là que l’on pourrait tiquer. C’est sans doute aller vite en besogne de parler de ”dictature des jeunes” face aux babyboomers ringards. Parce que, par exemple, l’âge moyen des candidats aux législatives françaises reste stable, 48,5 ans. C’est mieux qu’en 2012, où il montait à 50. Mais en 1997, il s’élevait à 42! Ce que pointe cette enquête, c’est sans doute une tendance à venir, plus que la réalité d’aujourd’hui. Les anciens sont-ils vraiment, tous, envoyés à la casse? La télé éteinte on n’en est pas si convaincu.

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