Folie contagieuse

Amoureux de la femme, Paolo Virzi réalise un Thelma et Louise transalpin décalé, jubilatoire et secrètement mélancolique

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Dans le poignant La prima cosa bella, Paolo Virzi réalisait le portrait à la fois frivole et douloureux d’une femme pleine de rêves coincée dans une vie trop petite. Ici aussi, les contours de l’asile où elle est internée sont bien trop exigus pour la pétulante et excessive Béatrice, qui s’enfuit voir le monde du dehors, en ayant soin de prendre sous le bras son exact opposé, la fragile et introvertie Donatella. Ce moment de fuite agit pour ces deux femmes comme une authentique libération, mais aussi pour le spectateur. Car Béatrice et Donatella sont une belle fenêtre sur le rêve que nous offre Virzi, qui abolit nos différences dans une même quête de liberté.

Reste que la femme, dont il sait mieux que l’homme moyen le combat de tous les jours pour exister, a sa préférence. Et il le lui rend bien! Ce road movie chaotique, généreux, doux-amer et un peu dingo, c’est à elles qui le dédie. Et pour les incarner, il y a la fabuleuse Valeria Bruni-Tedeschi, actrice splendide et condensé de femme toujours sur le fil, ronde, belle, folle exubérante à la mélancolie gaie. Qu’importe ses brusques accès de dinguerie, on la suivrait partout, les yeux fermés. Elle est le soleil de ce film féminin éminemment attachant.

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