RTBF: la politique de la schtroumpfette?

Un collectif d'une cinquantaine de femmes signe ce matin une tribune pour réclamer une RTBF plus attentive à la présence représentative des femmes à l'antenne.

RTBF: la politique de la schtroumpfette?

Leur appel s’intitule « La Première : l’esprit clair ou l’esprit masculin? ». Il dénonce le fait que toutes les émissions de la chaine, sauf une, sont pilotées par des hommes. Dans le même temps, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est en train de débattre du futur contrat de gestion. Or les organisations de femmes n’ont pas été invitées et lorsqu’elles ont demandé à être auditionnées, l’agenda était déjà bouclé. L’absence de volonté d’aller vers plus d’égalité ne concerne pas seulement les « voix fémininisées »: le problème existe tout autant dans la sous-représentation de femmes interrogées, la façon de les présenter ou leur invisibilisation dans les sujets abordés. Les femmes ne réclament pas pour autant des quotas « par respect de la liberté éditoriale » mais des formations et des objectifs chiffrés qui permettent d’évaluer les progrès.

« C’est un problème de démocratie. C’est global dans les médias. Le pire est dans la presse écrite où il n’y a que 18% de femmes alors que les femmes composent 51% de la population », souligne Sabine Panet, rédactrice en chef du magazine de vie féminine, Axelle. La façon dont les hommes et les femmes racontent l’information est différente. Leur sensibilité à certaines thématiques peut aussi être différente. « On tape un coup de poing collectif et public sur la table », assène Irène Kaufer Briefel, blogueuse féministe. « Il n’y a pas de solution miracle. Mais il y a une responsabilité politique », explique Sabine Panet.

La BBC a une véritable politique de promotion des femmes et des minorités. Au début, cela a fait grincer des dents. Mais aujourd’hui cela a considérablement amélioré la qualité de l’information parce que cela a apporté plus d’ouverture. La présence des femmes est un enjeu démocratique mais aussi de qualité. Pour Sabine Panet, « il faut renforcer la diversité et arrêter la politique de la schtroumpfette. Il n’y a pas une femme qui représente toutes les femmes mais 51 différentes comme il y a 51% de femmes. » Et Irène Kaufer de souligner cette étrange idée, pourtant ancrée dans l’inconscient collectif, que les hommes auraient un regard universel et les femmes un regard particulier, féminin, comme si étant femme, elles n’auraient pas tout autant un regard aussi global que celui des hommes. 

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