Ventura, l’indémodable

En octobre, il y aura trente ans que Lino Ventura était emporté par un arrêt cardiaque, à 68 ans. Cela valait bien un documentaire inédit.

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Preuve, s’il en fallait encore, que les légendes du cinéma français restent en vogue, près de 2 millions de téléspectateurs étaient rivés en mai devant leur petit écran, pour Un Français nommé Gabin, sur France 3. Ce mois-ci, France Télévisions remet le couvert via son 5e canal, en proposant à nouveau un documentaire inédit – issu de la même société de production -, cette fois autour de Lino Ventura. Une fiction d’un peu moins d’une heure, qui sera par ailleurs présentée au Festival de Carcassonne, fin juin.
Placé dans les mains de Lucie Cariès, une réalisatrice rodée et connue pour son éclectisme dans le genre, Ventura, une histoire d’homme, d’emblée, sent le film fouillé et bien écrit. Évoqué chronologiquement, il décrit l’étonnante mutation d’un ex-champion d’Europe de catch en acteur novice, à 45 ans. Avec, bingo, un premier rôle majeur doublé d’un premier succès (Touchez pas au grisbi, 1954), qui en appellera bien d’autres, puisqu’il dépassera plus de 40 (!) fois le million d’entrées en salles, des Tontons flingueurs à L’Aventure, c’est l’aventure, en passant par Le Clan des Siciliens, L’Emmerdeur ou Les Misérables. Impressionnant.

Ce document soigné sonne juste, rappelant quelques fameuses joutes verbales avec ses ennemis (François Truffaut surtout), au moment de la Nouvelle Vague. “Snobisme et terrorisme intellectuel resteront à jamais incompatibles avec l’art populaire que représente le cinéma”, martèlera jusqu’au bout l’initiateur de l’importante Fondation Perce-Neige, reconnue d’utilité publique et aujourd’hui présidée par son petit-fils, Christophe. On conseille, donc…

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