I want your sex

Un émule d’Almodóvar nous livre par le menu, entre légèreté et humour, les pratiques sexuelles insolites de ses contemporains.

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C’est presque une habitude: dès qu’un jeune Hispanique sort un film avec le sexe comme acteur principal, il est immanquablement comparé à Almodóvar. La filiation avec l’ex-enfant terrible de la Movida n’est ici pas tout à fait indue, même si León ne possède pas la folie de mise en images de son aîné. 

Mais ce n’est pas si grave. Car avec ses cinq sketches en dessous de la ceinture et pourtant jamais vulgaires, León a surtout pour but de s’amuser à ouvrir avec son spectateur le dictionnaire au terme paraphilie (ensemble des pratiques sexuelles, grosso modo). Et comme on n’apprend jamais mieux qu’en rigolant, il s’y emploie donc avec un petit film humoristique à la clé. Un peu façon boîte pédagogique de “La sexualité pour les nuls”, si vous voyez le genre. Ainsi, c’est sous le soleil madrilène bien chaud que vont s’illustrer cinq histoires d’amour épicées et joyeusement loufoques. Il y a cette femme qui prend du plaisir à voir pleurer sincèrement son homme (ça, c’est la dacryphilie, notez!). Ou cette autre, dont le cornet de glace qui s’écoule sur le sol figure l’orgasme ressenti après une agression (biastophilie). Sans oublier les doraphiles qui s’excitent en touchant certains tissus et qui doivent aussi réinventer leur vie de couple en conséquence. Bref, toutes les formes de fétichismes sont abordées sans tabou et avec une joviale malice. Mais sous ses airs légers, doucement polissons et sans conséquence, cette comédie érotique d’un mois d’été se dévoile plus profonde qu’il n’y paraît. Elle pose en effet aussi, l’air de rien, question sur la normalité (en un ou deux mots) et sur la complexité des couples modernes à “tenir la distance”. Mais plus encore sur la difficulté, toujours prégnante au XXIe siècle, de parler de sexe sans devenir tout rouge.

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