Vis ma vie de chasseurs de primes

Incursion dans la réalité des chasseurs de prime, dont la vie reste très éloignée des fantasmes véhiculés par les fictions.

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Dans l’imaginaire collectif entretenu par les fictions, les chasseurs de prime sévissent au Far West, montent à cheval et poursuivent les pire crapules avec, dans leur poche, un avis de recherche chiffonné. Ou utilisent des techniques de commandos pour arrêter les criminels là où la police patauge. Comme souvent, la réalité est tout autre. Ce soir, la Deux s’intéresse à leur quotidien. Le métier, né aux USA à l’époque de la conquête de l’Ouest, n’a jamais cessé de fasciner. Ni d’attirer. Après tout, ses adeptes n’ont besoin d‘aucun diplôme ni qualification et s’assurent de belles rentrées d’argent: les USA comptent le plus grand nombre de fugitifs au monde. Entre les évadés de prison, les justiciables qui tentent d’échapper à un procès et – de plus en plus – des particuliers qui ne peuvent rembourser un crédit, on décompte environ deux millions d’“hommes à chasser”. Ils sont recherchés par toutes les polices mais leur tête est également mise à prix pour quelques centaines de dollars, parfois quelques milliers. Le tout rapporte plusieurs milliards de dollars chaque année aux chasseurs de prime. Officiellement, 7.000 personnes vivent de ce métier, sur le territoire américain.

Qui sont-ils? Des particuliers armés et s’étant auto-proclamés aptes à la chasse à l’homme. Beaucoup travaillent pour des prêteurs sur gage. Certains se forment. Mais, quand encadrement il y a, il est rarement crédible: aucun test psychologique, aucun entraînement préalable et, en dix-huit heures, les ”élèves” sont parés! Certificat et “expérience de terrain” à l’appui! On imagine facilement les dérives que cela peut entraîner. D’où un débat aussi vieux que le métier lui-même: quelle est la légitimité d’une arrestation effectuée par un individu dont les actes sont légalement condamnables?  

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