Un hommage trop superficiel.

Les destins brisés du hip-hop déterre les morts pour raconter leur histoire.  

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C’est toujours alléchant lorsqu’un documentaire entend s’intéresser aux artistes hip-hop fauchés en plein vol. De manière générale, mort et musique ont toujours exercé une fascination qui se traduit invariablement par une envolée post mortem des ventes. Si le rock a son fameux club des 27, âge auquel sont partis Amy Winehouse, Janis Joplin, Kurt Cobain, Jim Morrison entre autres, le rap n’est malheureusement pas en reste. Figures mythiques du genre, Tupac et Notorious B.I.G. sont les premiers auxquels on pense et ce sont logiquement eux qui ouvrent le bal ce soir. À la place d’une entrée en fanfare, c’est plutôt la douche froide qui tombe dès les premières minutes de cette galerie de portraits. Trop superficiel, le film ne fait que toucher du doigt la surface de deux légendes déjà bien (mieux) exploitées depuis 20 ans comme dans le biopic Notorious ou le captivant documentaire Biggie et Tupac. À moins de n’avoir jamais creusé le sujet des disparitions tragiques de ces deux monstres sacrés, on n’apprend strictement rien dans cette entrée en matière.

La suite n’est pas beaucoup plus fascinante. Les portraits qui suivent sont expédiés en trois images et deux interventions de journalistes spécialisés. Big Punisher, Lisa Lopes des TLC ou Aaliyah sont réenterrés fissa avant de passer à la suite. On passe alors du vaguement intéressant au n’importe quoi le plus total. Conçu pour “raconter le parcours de ces icônes du mouvement hip-hop, parties trop tôt”, le documentaire s’enfonce dans un fouillis d’amalgames en mettant à la suite ceux qui ont effectivement fait passer l’arme à gauche et…. tout ce qui leur passait sous la main. De la consommation de marie-jeanne de Wiz Khalifa à la bisbrouille testostéronée opposant Booba et Rohff, les réalisateurs cavalent pour remplir une heure qu’on ne récupérera malheureusement jamais.

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