Off the record

Retour sur l’un des travaux les plus méconnus de Bob Dylan: les enregistrements pirates de The Basement Tapes.

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Vingt-neuf juillet 1966, sur une petite route des environs de Woodstock, une Triumph Tiger de 500cc trace sur le bitume chauffé par le soleil de ce milieu d’été. Solidement agrippé au guidon, Bob Dylan, légende du folk décompresse de la folie qui le conduit presque chaque soir de plateau de télé en salle de concert. Peut-être trop détendu, Zimmy perd le contrôle de sa bécane et s’encastre dans le décor. Forcé de lever le pied, il s’enferme dans une cave avec ceux qui s’émanciperont plus tard sous le nom de The Band pour écrire et composer. Durant cette période où le futur Prix Nobel de littérature se fait discret, 107 chansons verront le jour. La plupart vivront une existence paisible sur le marché parallèle ou par l’interprétation d’autres chanteurs moins connus. Bob Dylan vient peut-être de produire le premier album pirate de l’histoire de l’industrie musicale. L’œuvre, dont fait partie le classique I Shall Be Released, s’échange sous le manteau jusqu’à ce que Columbia, maison de disques de Dylan, finisse par tomber dessus en 1975 et en exploite 16 titres sous le titre “The Basement Tapes”, littéralement “Les cassettes du sous-sol”. Il faudra attendre près de 40 ans pour que T-Bone Burnett décide de redonner vie à ces chansons avec quelques potes dont Elvis Costello et Marcus Mumford. Guitariste sur ses tournées de 75 et 76, il parvient même à obtenir quelques mots du maître.  

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