« Baisers cachés », pour lutter contre l’homophobie

Une photo circule au lycée et Nathan, 16 ans, devient ”un sale pédé”.

baisers6_fr2

Le taux de suicide ou de tentatives de suicide est plus élevé chez les ados homos que chez les ados hétéros. Qui ça étonne ? Personne, si on prend le temps de s’arrêter sur la souffrance silencieuse que vivent les jeunes gays et les jeunes lesbiennes, obligés d’imaginer des stratégies de fuite afin de ne pas être dénoncés, moqués ou, pire, tabassés. Téléfilm programmé sur France 2 à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, Baisers cachés montre ces situations infernales vécues, chaque jour à l‘école, par des élèves isolés à cause de leur homosexualité.

Tout part d’une photo postée par une copine sur les réseaux sociaux. On y voit Nathan et Louis, 16 ans, s’embrasser. Comme on ne distingue que Nathan sur l’image, c’est lui qui va subir la violence des garçons et des filles de sa classe. Insultes, moqueries, coups, rejet… Et lorsque le père de Nathan découvre à son tour la photo, choqué, il bloque. Au harcèlement que subit son fils en cours, il ajoute le dégoût que lui inspire sa différence…

Avec les raccourcis dont est coutumier ce genre de productions télé, Baisers cachés a le mérite d’aborder de front des questions essentielles dans la mécanique de l’homophobie. Les ressorts de la haine ordinaire, la peur du regard des autres, la norme et la cruauté, l’épanouissement du tortionnaire, l’autodénigrement, l’envie d’en finir, le rôle des profs, et celui des parents. Sur le casting, où l’on retrouve Patrick Timsit, Catherine Jacob et Bruno Putzulu, on donnera nos meilleures notes aux deux jeunes comédiens, Jules Houplain (dans le rôle de Louis) et Bérenger Anceaux (dans celui de Nathan) qui défendent leurs personnages avec justesse et conviction.    

Sur le même sujet
Plus d'actualité