Dans la cour des grand(e)s

La saison 2 de Versailles se veut à la fois plus obscure et plus… féministe. Pour l’époque, c’est cohérent.

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La série produite par Canal+ poursuit son chemin sur une voie royale. Son joli succès en France lui assure déjà un avenir fait de trois saisons, la dernière étant actuellement en tournage. Il faut dire que ses ingrédients, dès le départ, avaient de quoi séduire le royaume: en plantant ses intrigues dans une époque où le pouvoir, les trahisons, le sexe et l’esprit chevaleresque donnaient des couleurs grandioses à Versailles, le règne du feuilleton ne pouvait qu’être prometteur. Alors bien sûr, les historiens, dès la saison 1, ont insisté sur le fait que Louis XIV et sa clique étaient ici dépeints sous un jour purement fictionnel, et que la série prenait allègrement ses aises par rapport à la vérité historique. Et on est bien d’accord: en matière de luttes de pouvoir, Hollywood peut dormir sur ses deux oreilles: la réalisation, les décors et les personnages sont loin de faire de l’ombre à des Game Of Thrones ou des House Of Cards, qui restent des châteaux imprenables pour une production française. Mais disons qu’on s’y fait. Et une fois qu’on adopte le rythme de son récit, Versailles déroule ses atouts avec dignité. C’est particulièrement le cas dans cette saison 2, où les protagonistes gagnent en machiavélisme et en noirceur. Le roi y subit notamment l’influence d’une certaine Madame de Montespan qui, enceinte et inspirée par son rôle   de favorite, s’apprête à tirer les ficelles du grand puzzle de la cour. Et qui, malgré cela, va prendre conscience de son statut fragile – notamment auprès de Marie-Thérèse, l’épouse de ce bon vieux Louis. Une belle manière, pour les scénaristes, d’insister sur la puissance de ces dames à une époque où l’on a trop souvent cru que seuls les hommes tenaient la barre. Et on ne parle évidemment que d’une demoiselle parmi d’autres… 

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