Dalida, les habits du culte

Une collection de chansons où, derrière le strass et les paillettes, on voit un cœur qui souffre dans un corps parfait. 

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De ce genre d’objet de recyclage (dont France 3 s’est fait une spécialité), on n’apprend généralement rien. D’anciennes images télé mises bout à bout, saupoudrées de quelques commentaires ultra-bienveillants et l’affaire est pliée. Dalida, la discographie n’échappe pas à la règle: il s’agit bien d’un juke-box en images composé de vieux passages dans toutes sortes de vieilles émissions de variétés – à commencer par celles de Maritie et Gilbert Carpentier, sortes de Vélasquez du kitsch cathodique. 
Réservé aux fans, Dalida, la discographie est un kaléidoscope répétant à l’infini la même image, celle d’une chanteuse populaire qui, derrière l’écran de strass, de lumières et de paillettes, cachait bien son jeu. De chanson en chanson, on entend une artiste qui parlait souvent de sa mort – ”Le soir où je m’en irai, je le ferai à ma manière”, ”Sans vous, ma vie ne tient qu’à un fil”, ”Mais je chanterai même au paradis”… Troublantes indications sur un désespoir que l’on croyait joué pour les besoins du show et qui pourtant mènera au suicide. 

Cette succession de ritournelles roucoulées – entre tubes et chansons oubliées – montre aussi que Dalida n’était pas qu’une voix, mais aussi (on l’oublierait) un corps. Un corps idéal dont les mensurations sont louées par Charles Aznavour qui, au détour d’un Gigi l’amoroso, l’avoue: ”Dalida, c’était une superbe statue”. Un corps dont la perfection (ces jambes!) est surlignée par la magie du lamé. Un corps mis en évidence par des robes fendues, fourreaux et autres bodys qui sont actuellement exposés au Musée de la Mode de Paris – soit la dévotion rendue aux habits du culte.

DALIDA, UNE GARDE-ROBE DE LA VILLE À LA SCÈNE, jusqu’au 13/8. Palais Galliera, Paris. 

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