Torture, violence,…ils nettoient les réseaux sociaux

On n’en parle jamais. Le job des modérateurs de Facebook, Instagram ou Twitter est pourtant fondamental: ils filtrent - à bas prix - les contenus impubliables et sont confrontés tous les jours à des images de torture, de violence et de pornographie. 

Les éboueurs des réseaux sociaux ©Prod

L’histoire est sordide. Le 16 avril dernier, un homme du nom de Steve Stephens abattait froidement Robert Godwin Sr, un septuagénaire qu’il ne connaissait pas et qui rentrait d’un repas de famille, à Cleveland en Ohio. Un crime qu’il avait annoncé une poignée de minutes avant de passer à l’acte, dans une vidéo postée sur son compte Facebook où il expliquait “son envie de tuer”. Stephens y affiche ensuite une seconde vidéo, où on le voit assassiner l’homme de 74 ans face caméra, pour enfin se gargariser de son geste en direct sur le réseau social. Un “live” glaçant où il affirme avoir déjà fait treize victimes et préparer sa quatorzième. Il se donnera la mort deux jours plus tard. 

Se pose alors une question, primordiale: comment la diffusion d’un meurtre est-elle possible sur Facebook? D’autant que l’attente entre la diffusion de la vidéo et la réaction du géant des réseaux sociaux est longue, très longue, pour tous les yeux confrontés à cet assassinat. En tout, il faudra deux heures avant que l’une des connaissances du meurtrier présumé ne se décide à signaler le post. Le compte sera finalement désactivé 23 minutes plus tard. Sachant qu’il faut en moyenne 72 heures pour qu’un signalement soit traité par le réseau social, cela aurait pu être pire. Trois jours entiers: le délai est immense et à la fois minime pour Facebook, qui compte 1,86 milliard de personnes inscrites. Un peu moins d’un tiers de la population mondiale.

Le fantasme de la Silicon Valley 

Pour contrôler les contenus postés par tous ses utilisateurs, la plate-forme de Mark Zuckerberg fait appel à une armée de modérateurs. Ici, pas question de parler d’algorithmes, mais bien d’humains. Ils sont des centaines à visionner toutes les vidéos et les photos postées pour ensuite décider de leur attribuer la carte “appropriée” ou non et ce 24h/24 et sept jours sur sept. Une méthode de contrôle utilisée par tous les réseaux sociaux. Des modérateurs qui en sont la colonne vertébrale. Pourtant, ces derniers travaillent souvent à des milliers de kilomètres du siège de la boîte à qui ils prêtent leurs yeux et sont loin de profiter des avantages de la Silicon Valley. Les open spaces ultra-design, les cantines gratuites et les parties de ping-pong caractéristiques de l’ambiance “ à la cool ” censée y régner ne sont pour eux qu’un vague fantasme. Sans parler des salaires et des couvertures sociales qui vont avec. Eux, ils travaillent plutôt de leur chambre, pour des sous-traitants.

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