Les demoiselles de Rochefort, la mythique comédie musicale

Les demoiselles de Rochefort a 50 ans. 50 ans qu’il fait palpiter le cœur des cinéphiles et met des chansons dans nos vies. 

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Demandez à John Woo ses films fétiches, il citera toujours Les demoiselles de Rochefort. Car la mythique comédie musicale de Jacques Demy ne se résume pas à son kitsch assumé: c’est, à tous les niveaux, une vraie leçon de cinéma. On tremble. À l’heure des “marvelleries”, supportera-t-on encore les facéties de Demy et Legrand? La réponse est oui, les Demoiselles n’ont pas pris une ride, sans doute parce qu’elles étaient déjà ailleurs à leur époque. C’était l’ovni, ce machin tourné en anglais et en français en même temps, ce projet fou d’un réalisateur de la Nouvelle Vague qui voulait faire des films qui chantent à l’américaine et s’en donnait les moyens, quitte à repeindre tous les volets de la Grand-Place de Rochefort en pastel. 

« Chanter la vie »

L’amoureux d’Agnès Varda avait convoqué les plus grands pour concrétiser son rêve: Gene Kelly, sublime en polo rose, George Chakiris, qui campe un forain courant de bonheur en bonheur… Bonheur, le mot résume, pour beaucoup, la magie des sœurs Garnier. Les demoiselles, au premier regard, c’est un tourbillon de rose qui souffle sur une ville blanche, des valses, des robes Courrèges, c’est un chassé-croisé où les amoureux finissent toujours par se retrouver… ”Il faut chanter. Chanter la vie, chanter les fleurs, chanter les rires et les pleurs, chanter la mer, chanter le feu, chanter la terre pour être heureux!” proclament Solange et Delphine, les inoubliables jumelles. Question de survie, car leur monde n’a de guimauve que la surface.

Le bonbon de Demy recèle sa pointe d’amertume. Tandis que les jeunes femmes virevoltent, leur maman élève seule son fils, un tueur de femme du nom de Dutrouz sévit dans la ville… La mélancolie n’est pas loin. Pour nous aussi. À voir Solange bouffer l’écran, on se rappelle que Françoise Dorléac a 25 ans pour toujours. L’actrice a disparu, elle aussi, il y a 50 ans, laissant 20 films dont L’homme de Rio de Philippe de Broca, où elle tenait la dragée haute à Belmondo, puis les très culte Cul-de-sac de Polanski et La peau douce de Truffaut. Une rebelle, une douce dingue, une marrante, une talentueuse audacieuse… Une étoile filante qui aurait pu éclipser sa sœur, comme elle le fait, irrésistiblement, dans la chanson des jumelles. Une star belle parce que imparfaite.

 

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