« A ciel ouvert », un documentaire touchant

À ciel ouvert, une belle leçon d’ouverture sur l’apprentissage de la vie, la norme et l’enrichissement par l’échange.

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Ouvrez bien grands les yeux et les oreilles et laissez votre sens de la norme sur pause pendant deux heures, c’est comme ça qu’on découvre À ciel ouvert. Mariana Otero (La loi du collège, Histoire d’un secret) n’a d’ailleurs pas ajouté de voix off sur son touchant documentaire. Elle a préféré laisser les personnages du Courtil vivre, laissant de temps à autre échapper une petite question pour tenter de comprendre ce lieu de vie pas comme les autres. Ni une école, ni vraiment un institut, le Courtil, c’est la maison d’Amina, Evanne et Alysson située à Tournai à un jet de Lego de la frontière. Des enfants différents arrivés là parce qu’ils n’étaient pas adaptés à l’enseignement traditionnel, ou peut-être est-ce l’inverse.

Toujours entiers, toujours eux-mêmes

Atteints de troubles psychiques comme la schizophrénie, l’autisme ou la psychose d’après la nomenclature médicale, ils ont aussi le superpouvoir d’être toujours entiers, toujours eux-mêmes. Guidés par les méthodes inspirées par le psychanalyste Jacques Lacan, les intervenants pédagogiques fondent leur approche sur l’empathie et l’attention bienveillante portées constamment à l’enfant. Musique, théâtre, jardinage, bricolage, le programme de “cours” est bien sûr un peu différent de ce qui se fait ailleurs mais convient parfaitement à ces pensionnaires hauts en couleur. Comme au Courtil, c’est dans l’action débordante de vie que se trouve la richesse de À ciel ouvert qui mérite largement les récompenses et les critiques dithyrambiques récoltées. Au fil des situations données sans filtre, sans violons, et sans fausse pudeur, se dessine l’idée précieuse que, comme dans l’enseignement traditionnel, l’apprentissage n’est pas à sens unique. 

 

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