Les petites bonnes asiatiques, invisibles esclaves modernes

Écœurement, révolte, impuissance, voilà ce que l’on ressent face au quotidien des Petites bonnes asiatiques…

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Elles sont 15 millions de domestiques dans le monde, et plus spécialement en Asie et au Moyen-Orient, 15 millions de femmes exploitées, privées de liberté, viol(ent)ées. On va suivre leur parcours, ou plutôt leur descente aux enfers. Le – très bon – reportage démarre dans un ”centre de formation” aux Philippines. Là, on apprend à ces jeunes femmes pauvres à ”ne pas répondre”, à ”faire tout ce que dit le maître” et à s’excuser, même, d’exister. Leur but est de partir, se faire engager à Hong Kong, Dubai ou au Liban, pour gagner des sous pour leur famille. Le gouvernement encourage ce trafic d’êtres humains: c’est une façon de lutter contre le chômage et de renflouer l’économie du pays. Tant pis pour elles.

Le maquignon les rencontre, élimine les fortes têtes et les fortes tout court, pour les livrer à ses clientes, sur catalogue. Visions abjectes. On photographie ces femmes mains en avant, pour prouver qu’elles ont tous leurs doigts. Mais aucun droit. À Hong Kong comme ailleurs, leur passeport est confisqué par les patrons dès l’arrivée, leur salaire utilisé pour rembourser des ”frais” de l’agence d’intérim. Elles bossent de 7 à 22 h. Elles dorment dans des chambres minuscules, sont interdites de sortie… couvertes de bleus, voire handicapées à vie suite aux mauvais traitements. On visite un refuge. On assiste aux entourloupes des tribunaux qui ne condamnent pas les employeurs violents. Au moment où le découragement nous gagne, arrive une lueur d’espoir. On rencontre un simple musicien américain, un citoyen lambda qui a, un jour, décidé de prendre fait et cause pour ces filles que personne ne défend. Tout seul, il les guide, collecte des fonds, paie leurs soins… Ça pourrait être nous. Ça devrait être nous.  

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