La révolution hippie

Bâtie par une génération libertaire et insouciante, la Silicon Valley est devenue le centre du monde informatique. Arte est parti à la rencontre de ces pionniers.

siliconvalley-larevolution-2

Si le GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) a installé ses campus aux allures de paradis pour salariés dans ce trou perdu de la Californie, c’est grâce à eux. Une bande de jeunes idéalistes aux cheveux longs et aux idées fortes qui n’avaient qu’une envie: explorer les possibilités de l’informatique et échanger leurs découvertes. Une manière pour eux d’oublier l’actualité américaine étouffante de l’époque faite d’images sanglantes en provenance du Viêtnam et des tensions quotidiennes engendrées par la guerre froide. Dans les clubs de hackers, on se retrouve, on échange, on progresse en écoutant du Bob Dylan, l’idole de cette jeunesse qui aspire à plus de liberté et de progrès social. Au départ, c’est surtout pour lutter contre le monopole d’IBM et de ses supercalculateurs qui représentent l’establishment comme l’illustre la célèbre publicité de l’Apple 2 où le géant du hardware est comparé à Big Brother. Peu touchés par la question commerciale, la plupart ne saisissent pas le potentiel économique de la révolution technologique qu’ils sont en train de mener. Ils s’en fichent même, ne voyant que les progrès communicationnels et le gain d’indépendance que les particuliers pourraient y gagner. Seuls certains visionnaires comme Steve Jobs et Bill Gates parviendront à faire fortune avec leurs créations. 40 ans plus tard, alors que les entreprises de la Silicon Valley sont devenues les plus influentes du monde et que les chevelures se sont parées d’argent, peu d’amertume dans leurs propos. Seul reste le sentiment d’avoir participé à l’un des plus grands tournants de l’aventure humaine.

Sur le même sujet
Plus d'actualité