Questions à la une: Qui veut la peau de la télé?

Le Web va-t-il manger la télé tout cru? Questions à la une répond de façon incomplète mais captivante.

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Deux types d’écrans s’affrontent aujourd’hui. À gauche, la télévision, qui continue à afficher des audiences globales en progression et semble captiver plus que jamais: on la regarde 3 heures et 48 minutes par jour en moyenne – le chiffre est historique. À droite, le trio smartphone/tablette/ordinateur, que la jeunesse plébiscite grâce à ses contenus amovibles, et qui est clairement en train de modifier le mode de consommation de la sainte image. “Une révolution aussi forte que l’imprimerie”, peut-on entendre dans le reportage de Questions à la une de ce mercredi, qui se demande si, à tout hasard, Internet ne se serait pas mis en tête de faire la peau à notre bon vieux petit écran.

La démonstration avance notamment le succès d’une application comme Studio + qui, depuis le printemps dernier, a déjà mis en boîte une bonne quarantaine de séries uniquement destinées aux accros du “portable”. L’entreprise, détenue par le géant Vivendi (Universal Music, Dailymotion, Canal+), propose des web-feuilletons dont les épisodes ne dépassent pas 10 minutes, à s’envoyer dans le tram ou dans la salle d’attente du médecin. Malin. Exactement comme le YouTube Space où, en Grande-Bretagne, les stars de la célèbre plateforme peuvent désormais accroître leur popularité en empruntant des studios d’enregistrement de haute technologie… contre un pourcentage que personne n’ose nommer. La gloire de Netflix – 93 millions d’abonnés dans le monde – est également mise en avant. Et l’on rappelle, à juste titre, que l’avenir de la télévision passera par une remise en question sur la manière de garder le public fuyant – les jeunes, donc – dans ses filets. On aurait aimé savoir de quelle manière. Tout comme on aurait adoré connaître la situation de la consommation “non linéaire” (via le Web) du petit écran – à prendre en compte. On aurait aussi apprécié de savoir que Netflix, chez nous, n’intéresse pas grand monde. Et surtout, la réflexion aurait mérité d’être amplifiée par une autre voix que celle de Jean-Paul Philippot (le boss de la RTBF) pour cerner un phénomène qui dépasse largement le boulevard Reyers. Mais chez nous, on ne touche pas au poste des autres, et c’est un peu dommage: le débat est passionnant, et l’enjeu, énorme, aurait mérité une enquête avec écran total.   

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