Des lendemains difficiles

Débarrassée de la junte, la Birmanie mesure le chemin à parcourir pour entrer dans la modernité.

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Après cinquante ans de dictature militaire, la Birmanie goûte depuis 2011 aux joies de la démocratie. Jusqu’à la reprise du pouvoir par les civils, le pays demeurait comme l’un des plus méconnus du globe. Replié derrière le totalitarisme sanguinaire du Conseil d’État pour la paix et le développement – l’invraisemblable nom officiel de la junte – la république de l’union du Myanmar n’avait que peu de contacts avec l’extérieur, le tourisme y étant interdit en de nombreux endroits.

Aujourd’hui aux commandes de leur destin, les compatriotes d’Aung San Suu Kyi rêvent de savourer les bienfaits de cette nouvelle ouverture et de voir l’économie locale se moderniser. D’autant que le pays des mille pagodes a des arguments à faire valoir. L’isolationnisme forcé a permis de préserver la nature et les plus beaux sites de l’assaut des touristes. Mais pour pouvoir réaliser le potentiel de ce pays de cocagne, la Birmanie va devoir relever le défi de la modernité en développant ses équipements publics d’un autre âge et en de nombreux endroits inexistants. En témoigne ce numéro des routes de l’impossible qui plonge dans la réalité des locaux. Des conducteurs qui doivent quotidiennement faire preuve de multiples talents et d’une patience de moine pour emprunter les pistes boueuses. Quand ils ne subissent pas l’inconfort de leurs camions de fortune au moteur apparent, c’est avec les moyens du bord qu’ils s’improvisent mécaniciens pour perdre le moins de temps possible. Ici pas de tunnels qui s’écroulent ou de ring engorgé, pourtant les retards se comptent en heures voire en jours.

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