Jusqu’à la haine

Comment en arrive-t-on à tuer son meilleur ami? À la dérive est un téléfilm malheureusement très actuel…

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Stupeur dans une petite communauté, en France. Jérôme (Bastien Bouillon) a tué Driss (Foëd Amara), un dessinateur du coin. Les deux étaient pourtant inséparables, jusqu’à récemment. Pourquoi un jeune homme aux allures paisibles se serait-il retourné contre son meilleur ami? Et si Jérôme avait tué son pote d’origine marocaine par racisme? Pour comprendre cet acte, A la dérive retrace le passé récent de Jérôme et de ses proches. Dans une mairie où la fermeture d’une usine a engendré le chômage. Où le chômage a entraîné plus de pauvreté et une défiance envers les partis politiques dits “conventionnels”. Et où la population, à juste titre désabusée, a trouvé un bouc émissaire parfait: les “étrangers”. Avec, à la clé, la montée des personnalités d’extrême droite et un engagement de Jérôme – et de tant d’autres – dans des idéologies qui font froid dans le dos. Cette histoire vous évoque quelque chose? C’est normal, elle est une triste réalité un peu partout en Europe et ailleurs…

Le thriller engagé de France 3 propose un casting de choix. Antoine Duléry en tête. L’acteur, séduit par le scénario, a tourné A la Dérive dans le Bordelais, fin 2016. Et ce en même temps qu’il préparait un autre téléfilm, deux films et qu’il jouait un one man show…. L’inoubliable commissaire Larosière des Petits meurtres d’Agatha Christie campe ici un homme politique arriviste qui utilise tous les stratagèmes pour arriver à ses fins. Le personnage est d’autant plus dangereux qu’il est d’une sympathie débordante. À ses côtés, on retrouve Aubert Fenoy en politologue de la droite peu scrupuleux et Marie Kremer (Un village français). Du beau monde pour un programme qui a le mérite de faire réfléchir. Même si les conclusions ne sont pas réjouissantes…

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