Cockerill, vie héroïque

Personnage majeur de l’histoire belge mais méconnu, John Cockerill valait bien un film. Le voilà.

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Si le nom Cockerill reste étroitement lié à l’actualité, vu le fleuron industriel belge qu’il a longtemps représenté, on sait finalement peu de chose sur son fondateur anglais, venu s’installer à Seraing il y a pile deux siècles. Voilà qui justifiait bien ce film ambitieux d’une heure dix, subtilement placé dans les mains du réalisateur Bernard Balteau, ex journaliste – liégeois – rodé aux émissions d’histoire de la RTBF (Jours de Guerre, Moi Belgique, Ce jour-là…).

Raconté chronologiquement, John Cockerill – Toute une histoire narre la destinée d’un entrepreneur aventureux et visionnaire qui, d’emblée, a pressenti que faire de l’immense potentiel du bassin sidérurgique liégeois: l’un des plus importants du monde, en misant surtout sur la construction de machines à vapeur. Hélas, sa mégalomanie lui sera fatale, avec un décès prématuré en Pologne, à un moment où il tentait de s’extirper de ses premiers problèmes financiers. Mais les jalons de sa société étant bien installés, l’aventure Cockerill continua de plus belle et le document, nourri d’images d’archives (rares) et de témoignages captivants, se mue peu à peu en un passionnant cours d’histoire, qui nous emmène jusqu’à l’inéluctable et triste déclin sidérurgique wallon.

Néanmoins ni passéiste ni nostalgique, cette évocation aux relents de docu-fiction – quelques scènes ont été reconstituées autour du personnage central – se clôture sur une note positive, avec le nouvel essor pris par le groupe dans le secteur thermo-solaire. Et qui, basé à Liège sur les anciennes fondations de la mythique société, emploie désormais cinq mille travailleurs dans le monde. À voir, donc!

 

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