Maximilien Dienst: “Je ne sais jamais m’arrêter et j’ai tout le temps des projets”

On le déteste ou on l’adore, Maximilien Dienst, un des deux candidats belges de Top Chef, ne laisse pas indifférent. Connu du public pour son franc-parler et ses répliques déjà culte, le plus jeune chef étoilé de Belgique (23 ans) n’a pas sa langue en poche.

Maximilien Dienst ©RTL-TVI

Il paraît que vous n’avez jamais regardé Top Chef avant de participer à l’émission, c’est vrai ?

MAXIMILIEN DIENST – Je n’avais jamais regardé avant de me plonger dans l’aventure. Mais en sachant que j’allais vraiment participer à Top Chef, j’ai quand même été voir des émissions pour voir un peu dans quoi je me lançais.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en participant à cette émission ?

Je n’imaginais en fait pas grand-chose vu que je ne connaissais pas beaucoup l’émission. J’y allais un peu à la découverte sans a priori. L’aventure s’est bien passée, donc dans l’ensemble je n’en retiens que du positif. Mon attitude plaît à 80 % au public, c’est le principal. Si c’était l’inverse, je devrais me poser des questions. Je sais qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, et quand je vois à qui je ne plais pas, je me   demande si ça me dérange vraiment.

Comment était l’ambiance hors caméra ?

On voit peu les chefs en dehors du tournage. Avec les autres candidats, ça se passait très bien. Je me suis spécialement bien entendu avec Franck, Jean-François et Alexis. Je ne voulais pas avoir un esprit de compétition, car pour moi ce n’en est pas une, c’est une téléréalité. J’y allais dans le but de m’amuser et pour changer un peu du quotidien. Soit je perds, soit je gagne, ce n’est pas ça qui va changer ma vie.

Vous aviez peur de la manière dont l’émission allait vous présenter à l’image. Maintenant que Top Chef est diffusé, vous en pensez quoi ?

Ce que l’on voit à l’écran, c’est moi. Ce serait très hypocrite de dire le contraire. Évidemment, ils prennent les moments les plus croustillants, c’est normal. Si j’étais producteur, je ferais exactement la même chose. En trois heures d’interview, il y a bien minimum dix minutes où je dis des conneries quand je ne suis pas en forme. C’est évident qu’ils vont prendre ces dix minutes-là. Mais bon, j’en étais bien conscient, et je savais avant de parler ce qu’ils allaient reprendre.

Votre restaurant rencontre-t-il plus de succès depuis Top Chef ?

Je ne vais pas vous mentir, on avait déjà beaucoup de monde. Mais c’est vrai qu’on attire peut-être une clientèle un peu plus jeune qui découvre le restaurant grâce à l’émission. Mais dire qu’on fait plus de couverts, non, pas spécialement.

Vous allez vendre votre restaurant pour développer un nouveau projet, vous pouvez nous en dire plus ?

Non, c’est une surprise. Actuellement, je ne veux pas me lancer dans deux choses en même temps, sinon je vais me péter la gueule. Je termine d’abord ce que j’ai commencé, et si ça continue c’est très bien. Je n’ai pas encore vendu, les clients peuvent encore venir.

Votre père travaille avec vous dans le restaurant, c’est lui qui vous a donné le goût de la cuisine ? 

Non. La plupart des chefs disent ça mais ce n’est pas vrai. Moi je me suis lancé en cuisine car j’aime ça et pas parce que je suis né là-dedans et que mon papa me cuisinait des petits plats, ça n’a rien à voir.

Dans quelle école de cuisine êtes-vous allé ?

Je pourrais vous dire comme les autres: “L’école de la vie, madame”! Mais non. J’étais en technique générale donc je n’avais que quelques heures de cours pratiques par semaine. Soyons d’accord, ce n’est pas à l’école qu’on apprend. C’est surtout en allant travailler à gauche, à droite les week-ends, et en allant me former pendant les vacances scolaires que j’ai appris.

Vous êtes connu pour votre franc-parler et vos répliques déjà culte. Avez-vous déjà été approché pour faire de la télévision après Top Chef ?

Oui. Je ne peux pas en dire plus. De toute façon je n’en sais pas plus pour le moment. J’ai un rendez-vous fixé.

Avez-vous modifié votre cuisine depuis l’émission ?

Pas du tout. Quand on a eu notre étoile, un journaliste est venu nous donner des leçons en nous disant qu’on devait maintenant changer notre carte. De un, je ne savais pas que les journalistes étaient inspecteurs au Guide Michelin, et de deux, je dis toujours que quand on a donné un oscar au film The Artist, on n’a pas coloré le film et mis des voix. On nous a donné une étoile pour ce que nous faisons et pas pour ce qu’on suppute que nous pourrions faire. Bien sûr, on essaie de s’améliorer, mais notre cuisine et notre manière de travailler n’ont pas du tout changé. Avec les prix qu’on pratique, on ne peut pas tout offrir, donc on est conscient qu’il y a des lacunes et qu’on n’est pas parfait.

À 23 ans, vous êtes le plus jeune chef étoilé de Belgique et vous participez à Top Chef. Tout ça représente beaucoup de travail. Vous arrivez aussi à mener une vie normale de jeune de vingt ans ?

Je sors beaucoup moins en ce moment car il y a des gens qui m’attendent derrière. Quand les clients viennent, je ne peux pas me permettre de leur dire que je ne suis pas en forme. D’un autre côté, je n’ai jamais été avec des gens de mon âge et ça depuis tout petit. C’est que quelque part ça ne m’intéressait pas, donc oui, ma vie me convient très bien. Et le travail je l’ai cherché. Donc je ne vais pas me plaindre, car c’est ce que j’ai voulu. Rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir. Dès qu’on a un côté positif, il y a d’office un côté négatif, et ça dans tout: dans le bonheur, dans le sexe, dans la vie en général. Je ne sais jamais m’arrêter et j’ai tout le temps des projets. Le jour où je m’arrête, je préfère rester dans mon lit avec une boîte de Xanax et une bouteille de vodka, et une fois que je serai suffisamment amorti, je me tire une balle dans la tête. Mais en l’occurrence, je n’en ai pas envie, donc évidemment je continue à avoir des projets et à m’amuser.

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