Faut-il encore parler des attentats ?

Doit-on faire comme si rien ne s'était passé ? On s'est posé la question et on a tranché.

Attentats du 22 mars ©Belga Image

Lorsqu’on vit à Bruxelles, lorsqu’on ne peut rien faire d’autre qu’appréhender la ville à bras-le-corps, chaque matin, on le sait: la ville est toujours quadrillée par l’armée. Un peu moins qu’avant, mais parfois un peu plus que le mois précédent – ce qui nous pousse à penser que “quelque chose se prépare” et qu’il faut être sur ses gardes. Selon le flux des patrouilles, on se remet à angoisser ou à mieux respirer. Mais on n’est plus étonné d’être assis dans le métro, le nez à hauteur du fusil-mitrailleur porté en bandoulière par un militaire – venu de Dieu sait où et qui souvent ne sait même pas où il est – dont on doute de l’efficacité contre une charge explosive. Cette banalisation de la peur nous a poussés à nous poser la question: faut-il encore parler des attentats? La question a divisé la rédaction… Nous avons tranché. Tout le monde est exténué par cette actualité, mais faut-il pour autant accepter la standardisation de l’horreur? Faire comme si rien ne s’était passé pour préserver une tranquillité qui, de toute façon, n’est pas revenue à son niveau le plus respirable. Parce que tous ceux qui habitent ou travaillent à Bruxelles ont reçu un SMS ce matin-là (“Tout va bien?”) et que certains n’y ont pas répondu, nous avons donné la parole à ces victimes qui, sans faire partie de notre famille, y ont leur place.  

Pour découvrir notre dossier de la semaine, rendez-vous en librairie ou sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité