Holmes Sweet Holmes

Après deux ans d’attente, on retrouve enfin Sherlock et John, dans une quatrième saison aussi brillante que sombre.  

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Petit regret: la série anglaise a gardé son format atypique. Ce qui est bien car les épisodes, d’une heure trente chacun, prennent le temps d’installer le climax si particulier de cette histoire de détectives contemporains. Mais désespère, aussi, car on devra se contenter d’à peine trois aventures! Pas question de les rater, d’autant que des rumeurs persistantes laissent à croire que ce pourraient être les derniers (et l’on verra que la saison finale laisse cette possibilité ouverte). Ce qui change, c’est l’ambiance, tout particulièrement dans The Six Thatchers, diffusé ce soir. Plus d’action, plus de darkside, plus d’images fortes, telle semble être l’option choisie par les showrunners. Rassurez-vous, on n’est pas dans Matrix pour autant, Benedict ne fera pas de triple salto arrière piqué dans son trench-coat à 1.000 £. Simplement ça va barder pour tous les personnages, sans exception (oui, même ce bon John).

Ça démarre d’ailleurs fort ici, avec plus d’audace formelle, des effets visuels inventifs et subtils (des images qui éclatent, des décors qui s’enchaînent) et un rythme plus soutenu que d’habitude. Et Moriarty? Il est de retour ou pas? s’interroge tout fan teasé par les apparitions vidéo qui avaient ”cliffhangué” la troisième saison (on y voyait l’affreux James, pourtant censé être mort,  susurrer ”Je vous ai manqué?”). On verra… Mais ce sera finement amené. L’ennemi, ici, sera de taille. Il sera extérieur et à l’intérieur de soi (vieille thématique holmesienne poussée ici à son paroxysme) soutenu par l’impeccable interprétation de Benedict Cumberbatch, Martin Freeman et Mark Gatiss, auteur et acteur, dont le personnage, le très maléfique et flegmatique Mycroft Holmes. Du très grand art. Sans doute, pardon Lucy Liu, Robert Downey Junior et les autres, la meilleure interprétation des œuvres de Conan Doyle. Parce que Sherlock est le héros de l’histoire, c’est son histoire plus que ses aventures qui nous fascine et constitue le sujet central de la série. Et aussi parce que, justement, ce Sherlock moderne, technologique, a gardé son âme en se libérant de ses clichés, ce qui était la meilleure façon de respecter l’œuvre.

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