Le chant des partisanes

Depuis la révolution de 1979, en Iran, les femmes n’ont pas le droit de chanter en public. Mais cette nuit-là, elles vont retrouver la parole et la voix.

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”Quand tu danses cinq minutes, tu peux être mise en prison, mais chaque minute compte. Tu adores. Tu risques mais encore tu le fais. Tu continues. C’est vivre” témoigne une DJ iranienne. Pourquoi a-t-on ôté le droit à la vie aux Iraniennes? Parce que, selon les pontes chiites, les voix féminines excitent sexuellement les hommes. Bien, bien, bien… Alors on va contourner, on va ruser, seul le résultat compte, ces minutes de vérité et de liberté.

Pour ce faire, une jeune compositrice, Sara Najafi organise un concert féminin, une soirée volée. On la voit, elle va voir les autorités, négocier, appeler la danse ”mouvement harmonieux” et les chansons ”hymnes révolutionnaires”. Portant l’abaya noire pour rallumer les Lumières, elle affronte, convainc, négocie et parvient à ses fins. Avec elle, se joignent en chœur trois chanteuses de renom, Élise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi, voix du printemps tunisien. Toutes s’engagent… Au fil du documentaire, on se révolte, on admire, on vibre, on réalise l’importance de ce combat, de cette revendication. On reste effaré face à l’existence des Iraniennes, marquées par l’histoire de la diva Googoosh Gol Bi Goldoon, obligée à la révolution de signer un papier certifiant que plus jamais, elle ne chanterait. Puis il y a, aussi, cette phrase de Nahal Tajadod, écrivain, face aux femmes d’aujourd’hui: “Regarde, elle a l’âge de ma fille et la vie de ma grand-mère”. Mais les temps changent. Le courage et l’espoir se ravivent sans cesse. Et ces chants d’une nuit sont véritablement des hymnes révolutionnaires. Cette magnifique ode à la liberté, qui jamais ne confond religion et stupidité des hommes, jamais ne dérape vers l’islamophobie, que du contraire, a été couronnée de nombreux prix très mérités.

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