Le boom du thé

Chaleureux pour le goûter ou tendance dans un salon, le thé est aussi juteux dans son business.

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Longtemps, la ringardise lui a collé à la peau comme un sachet humide au fond d’une tasse. Truc de vieux ou de British, le thé n’avait pas vraiment la cote. Souvent vu comme le cousin fade et has been du café synonyme de longues nuits blanches productives et qu’on lui oppose, “l’eau chaude avec des feuilles” prend sa revanche. À tel point qu’elle est devenue la boisson la plus consommée au monde après l’eau. Et forcément, le business est florissant. Dans les vallons escarpés de l’Inde et du Sri Lanka, on afflue des cinq continents pour trouver et rapporter les meilleures plantes. Le jeu en vaut la chandelle: certaines variétés peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros du kilo. Bien sûr, n’espérez pas trouver trace de ces grands crus dans les rayons des supermarchés. Partout, salons de dégustation et magasins spécialisés aux contours modernes ouvrent leurs portes. On est bien loin des boudoirs feutrés et du service en porcelaine d’antan. Pour convaincre les jeunes générations, le business du thé a mué surfant sur la vague bien-être et chasse aux excès en bombardant la clientèle de vertus pas toujours vérifiées. Sur les étagères des vendeurs spécialisés, les noms mystérieux invitent au voyage alors que les packaging se font colorés, dynamiques, sexy. Dans l’offre pléthorique, pas toujours facile de s’y retrouver entre les grands millésimes aux arômes naturels et leurs concurrents discrètement gonflés aux cocktails de synthèse. De leur côté, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux conditions de production de cet or qu’il soit vert, noir, blanc, jaune ou encore post-fermenté.

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