Money de sa pièce

Argent, trop cher. La Trois donne à voir ou à revoir un beau moment de théâtre sur l’inconséquence éthique de la finance.

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Tout ce que vous ne saurez jamais sur l’argent parce que personne ne vous le dira et d’ailleurs mieux vaut ne pas le savoir, parce que si on savait ce serait pire…” C’est l’étrange promesse que fait Money, pièce qui séduit le public dès la fin 2013 avant d’emporter le titre de “meilleur spectacle” au Prix de la critique belge francophone 2014. Mise en scène par Françoise Bloch, elle fut coécrite par les comédiens Aude Ruyter, Jérôme de Falloise, Benoît Piret et Damien Trapletti, ainsi que les vidéastes Yaël Steinmann et Benoît Gillet. Chaque situation est inspirée de faits réels, de rendez-vous avec des conseillers bancaires, de documentaires.

Une question tourne en boucle, dans les dialogues puis dans nos consciences: où va mon argent? Avec quatre tables et autant de chaises sur roulettes, les acteurs orchestrent d’étonnants ballets de saynètes dans l’univers bancaire. Face à un mur blanc qui s’anime d’images au fil du déroulé, des dossiers de couleurs s’empilent comme autant de crimes. Crimes commis par Monsieur Tout-le-monde, qui pense à sa retraite, à un héritage empoché. “Un homme non-violent peut exercer une violence certaine, tirer profit de la violence, tout en restant civilisé, voire sympathique” assure l’homme qui nous introduit dans l’univers de Money. De nombreux êtres civilisés et sympathiques possèdent par exemple une SICAV, le placement du “bon père de famille”. Quelques parts par-ci, quelques parts par-là. Tellement nombreuses, tellement changeantes que l’être civilisé ne sait pas dans quoi il investit et ne se soucie pas des licenciements économiques par des groupes bénéficiaires ou des désastres écologiques qui nourrissent son profit. Une belle captation qui donne envie de s’intéresser de près aux banques solidaires et aux fonds de placement éthiques.

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