Girl Power

Le combat de quatre femmes pour sortir de la crise.  

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La crise aidant, les chroniques sociales ont investi la fiction française. La réalisatrice Audrey Estrougo, engagée dans des thématiques féminines fortes – Une histoire banale, sur le viol, La taularde, sur une prison de femmes -, s’y attaque aujourd’hui au travers d’une comédie sur le chômage plantée dans le décor d’une ville nouvelle d’Ile-de-France. Un petit côté Full Monty s’échappe des premières images, où l’on découvre une poignée de femmes paradant dans les rues en petite tenue. Ce sont les anciennes ouvrières de l’usine de lingerie locale Voltanelle, dont la fermeture vient d’être prononcée. Sans projet d’avenir dans ce coin de France rongé par le chômage, elles ont décidé d’organiser des combats de catch féminin. À la clé, une petite cagnotte pour le vainqueur, un coup de projecteur sur leur situation et une publicité originale pour les modèles de Nathalie, créatrice ambitionnant de monter sa propre entreprise de lingerie.

Au côté de cette énergique optimiste, il y a Selma, une ex de Voltanelle également. Si furieusement décidée à progresser socialement qu’elle veut oublier ses origines maghrébines et s’implique secrètement dans la campagne municipale du Parti National et son programme extrémiste anti-immigrés. Et puis Céline, femme au foyer solidaire et décontenancée par le mutisme d’un mari étrangement distant. Trois femmes bataillant, chacune à leur manière, pour leur survie, et dont le parcours croise celui d’Agathe, femme de ménage le jour et catcheuse incognito le soir. La minisérie suit leur combat, entre désillusions, désirs d’indépendance et solidarité. Un beau sujet, alourdi toutefois par la mise en scène (la réalisation caméra à l’épaule use et abuse d’un flou qui n’apporte pas grand-chose) et un scénario pas assez tenu. Dommage pour ses héroïnes qui, partant, peinent à nous émouvoir.

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