Chercher du nouveau

Doublement primé au Festival du film de Mumbai, le génial magazine de la RTBF ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Comme la science, comme l’homme, il évolue.

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La science, c’est tendance. On en veut pour preuve le succès des chroniques Youtube et des livres de Bruce Benamran et le fleurissement des émissions didactiques. Seulement le public de 2017 réclame un traitement plus funky, des formats plus courts et des problématiques plus quotidiennes. On avait d’ailleurs, depuis quelques numéros, découvert et apprécié ici la séquence Quark, tribune des ados déjantés (mais pas idiots). N’empêche. Quand Patrice Goldberg a annoncé ”Matière grise change de look” on a eu peur. Notre rendez-vous allait-il vendre son âme au buzz? Nous faire des capsules au montage hystérique? Ouf. Nenni.

Comme son nouveau générique, le programme se révèle plus clair, plus intergénérationnel, sans doute un peu plus rigolo, mais il n’a pas perdu sa rigueur ni son ancrage dans la recherche la plus actuelle. Il n’a pas non plus oublié sa dimension humaine, qui lui a toujours fait mettre les ”vraies gens” au centre de ses reportages. Au contraire, Matière grise accomplit plus que jamais sa mission de vulgarisation. Mais avec un ton et une fraîcheur renouvelés. On le verra, d’emblée, ce soir (et ce samedi matin, en redif), avec cette enquête fascinante sur les recherches farfelues menées par des scientifiques très sérieux, dont les hypothèses seront vérifiées à l’antenne. Entre autres, pourquoi la tartine retombe-t-elle toujours côté beurre (et non, ce n’est PAS parce que le beurre est plus lourd, un mythe s’écroule)? Pourquoi nos pieds répandent-ils des odeurs fétides? Et pourquoi ces questionnements ont-ils un réel intérêt pour l’humanité? Bilan: challenge réussi. Et qu’est-ce que ça rend heureux, l’intelligence.

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