Des adieux sous les balles

Série emblématique et controversée, Braquo se conclut au terme d’une quatrième saison toujours plus violente.

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Le temps a semblé long pour tous les inconditionnels de la bande à Caplan qui auront patienté deux ans pour découvrir la conclusion du terrible cliffhanger sur lequel s’était achevée la troisième saison. Rappelez-vous: l’infâme Vogel, toujours décidé à détruire l’équipe, enlevait l’ex-compagne du commandant Caplan et Roxanne, sa coéquipière, qu’il enterrait vivante. C’est sur ce suspense que reprend la quatrième saison en nous plongeant directement au cœur de l’action. De justesse, Caplan parvient à sauver Roxanne et envoie Vogel derrière les barreaux où il espère l’anéantir définitivement. Un objectif qui pourrait coûter cher au flic, objet d’une nouvelle enquête disciplinaire menée par l’Inspection générale des services. De son côté, Walter, le troisième coéquipier, est fou furieux. Ses enfants ont été victimes de la violence de Baba Aroudj, un mafieux turc. Celui-ci voulait se venger de la mort de son propre fils, abattu précédemment par Walter. Ce dernier, épaulé par ses équipiers, décide de mener une vendetta contre le mafieux et ses acolytes. Une croisade qui emmènera la bande jusqu’à Marseille.

Ce scénario, hyper-convaincant sur le papier en tout cas, suffira-t-il à redorer le blason d’une série qui a fortement pâli depuis ses débuts? Encensé par la critique lors de la première saison, Braquo a perdu gros lorsque son créateur, Oliver Marchal l’a abandonné au cours de la deuxième saison, en estimant que la série était devenue ”une partouze immonde où tout est grotesque et démesuré”. Des propos qui se confirment en partie dans ces huit derniers épisodes. Les rebondissements, par exemple, sont trop rapides et les scènes de violence, même si elles font partie de l’ADN original de la série, trop présentes. On en dénombre au moins une par épisode et certaines sont insoutenables, comme lorsqu’un homme est torturé au moyen d’une tronçonneuse. Sans oublier des situations plus qu’invraisemblables. Des choix discutables que justifie Abdel Raouf Dafri, le scénariste: ”Réaliste, Braquo ne l’a jamais été. Ce n’est pas une vraie photographie de la police mais la série ressemble à ce que j’avais envie qu’elle soit. Le pathos, le psychologisant, ce n’est pas mon énergie. Je voulais passer en mode heavy métal, de Maurice Chevalier à AC/DC. Le polar n’est pas figé. Je voulais tester ses différentes variations.

Malgré ses défauts évidents, Braquo reste néanmoins incontournable, ne serait-ce que par curiosité. Jusqu’où ces flics oseront-ils aller pour mener à bien leur objectif?  

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