Les séries belges qu’on n’attendait pas

Personne ne l’avait senti venir. Avec La trêve - diffusée sur Netflix - puis Ennemi public, la RTBF a fait l’événement télé et prouvé que des fictions modernes pouvaient naître au royaume de Belgique.

Séries RTBF ©RTBF

L e 21 février 2016. La Une diffuse le premier épisode de La trêve. L’aboutissement d’un travail de plusieurs années, depuis la création du Fonds pour les séries, avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un sacré pari sur l’avenir, sur le talent de nos créateurs belges – et sur l’ouverture d’esprit des téléspectateurs. 14 décembre 2016. Alors que la première saison d’Ennemi public vient de sortir en DVD, la RTBF annonce que Patrick Ridremont et Constance Gay seront au générique d’Unité 42, une des deux séries de la saison 2017-2018, déjà préachetée par une chaîne étrangère (on parle de France 2). Entre ces deux dates, la télévision belge a bien changé. Notre façon de la voir aussi. 

On oublie les bluettes plus ou moins réussies, les sitcoms aux décors en papier mâché, les comédies lamentables où même les bons acteurs jouaient faux. Ça, c’était avant. Les créateurs des nouvelles séries belges ont vu passer True Detective, Broadchurch et ces lentes histoires scandinaves qui étirent leurs brumes sur des paysages d’outre-tombe. Ces scénaristes et réalisateurs-là conçoivent la fiction télé comme une forme de cinéma, sans cadre ni tabou. 

Rupture de ton

La RTBF laisse faire, même si les fictions ont leur case en prime time sur La Une. Et commence par diffuser la plus trash. La trêve aborde très crûment des sujets dérangeants, de l’inceste à l’éphébophilie en passant par le harcèlement sexuel, la folie, la drogue, et toutes les formes de violence, mafieuse, conjugale, raciste, etc. Avec un traitement de l’image très travaillé qui aurait pu perturber le téléspectateur de Meurtres à… ou Chicago Fire. Mais non.
Comme la critique, pour une fois unanime, le public belge adhère. Il adhérera aussi trois mois plus tard à Ennemi public. Cette deuxième série policière aurait pourtant pu heurter elle aussi, puisque son point de départ (l’accueil d’un assassin d’enfants sorti de prison dans un monastère) évoque des souvenirs douloureux à la Belgique. Le public est moins idiot qu’on ne le pense…

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