Comptes de Noël

La pension Waldemar rouvre ses portes pour une saison hivernale où souvenirs et cadavres remontent à la surface.

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L’archipel d’Åland s’était révélé au téléspectateur dans la douceur de l’été suédois. En cette deuxième saison, l’hiver a pris place, figeant les eaux et isolant dans un désert blanc la petite pension des Waldemar. Un peu comme dans le cœur d’Oskar, le cadet de la famille. Contraint de gérer l’hôtel avec son frère Lasse et sa sœur Jonna tout l’été – condition imposée par leur mère décédée pour leur laisser la jouissance du lieu -, le jeune homme se retrouve seul avec ses souvenirs, sa dépression et son whiskey. Tous les siens ont quitté l’île, même sa femme Liv, partie en voyage pour réfléchir à leur vie de couple. Mais voilà que Lasse puis Jonna font leur retour au bercail. Sans le sou mais solidaire, la fratrie à nouveau réunie se met alors en quatre pour rouvrir la pension et y servir les traditionnels buffets de Noël qui ont fait sa réputation. Les vieilles rancœurs seraient-elles définitivement noyées avec le corps du père, jeté en saison 1 dans les eaux glacées de la mer Baltique? Le grand frère immature, roi des coups fourrés, saura-t-il enfin, comme l’y sommait sa mère avant de mourir, prendre soin d’Oskar et de Jonna?

Centrée sur la culpabilité (d’avoir tué ou d’avoir fui) et l’identité (que chacun continue de chercher), cette nouvelle fournée confronte un peu plus les trois héros aux souvenirs d’enfance qui les maintiennent aux portes de l’âge adulte. Cet aspect intimiste qui, dès les premiers épisodes, apportait à L’héritage empoisonné une sensibilité et une profondeur toutes particulières, touche d’autant plus qu’il prend diverses couleurs – sombres lorsque les deux frères se remémorent la violence du père, plus lumineux concernant Jonna qui ne porte pas les mêmes blessures et reste nostalgique de ses joies de petite fille. Une délicate chronique familiale, glissée sous l’apparat du “nordic noir”: alors que le cadavre paternel remonte à la surface, Lasse replonge dans les affaires louches et la police, en la personne d’une jeune femme charmante, commence à s’intéresser dangereusement aux secrets des Waldermar. On pourra reprocher à la série ses mâles trop peu malins, mais la gent féminine – ados comprises – est là pour rectifier le tir. Et malgré quelques facilités, la tendresse qui se dégage de cette fratrie empêtrée dans les nœuds de son enfance revêt un tel charme, à la fois singulier et universel, que l’on espère avec leur créateur Henrik Jansson-Schweizer les retrouver pour une troisième saison.

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