Le retour de l’ancienne école

Comme les rockeurs ou les chanteurs de variété, les pionniers du rap français reviennent ensemble sur scène.

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Aujourd’hui le rap est partout. Il suffit de jeter un coup d’œil à la liste des artistes les plus streamés sur Spotify en France en 2016 pour s’en convaincre. Dans le top 10, les six premiers sont des rappeurs. Mieux, cinq d’entre eux sont français. Mais si les PNL, Nekfeu, Jul ou SCH cartonnent aujourd’hui, ils le doivent à ceux qui leur ont ouvert grandes les portes. Les anciens, les maîtres, les pionniers. Ceux qui, inspirés par les productions américaines, ont défriché le terrain hip-hop, imposant petit à petit le rap dans le paysage sonore hexagonal. Un vrai travail d’éclaireur qui ne fut pas simple.

Politisé ou non, le rap a toujours souffert d’une image sulfureuse qu’on lui a collée comme aux banlieues dans lesquelles il prospère dès ses origines, dans les années 80. Pourtant – et ça peut paraître étonnant – en 1984, la France est le premier pays du monde à voir une émission dédiée au hip-hop sur ses antennes. Elle est simplement nommée H.I.P. H.O.P. et accueille une majorité d’artistes anglophones mais quelques jeunes pousses françaises viennent déjà se faire les dents sur le micro de l’émission. Certains comme JoeyStarr exploseront plus tard, dans les années 90, l’âge d’or du rap français. Comme le Ministère Amer, Passi, Ménage à 3, Neg’Marrons, Nuttea, Assassin… Des noms qui résonnent aujourd’hui à l’oreille des puristes comme Pelé ou Maradona dans la tête des amateurs de foot. Désormais bien lancés dans la quarantaine, les héros d’enfance des fans de rap font leur retour sur scène. Ils s’offrent même une tournée des Zénith en 2017, façon Âge tendre et têtes de bois. Leur réunion au Casino de Paris en juin dernier est l’occasion de revenir avec eux sur les origines du mouvement.

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