Super Simone

Sans peur et sans reproche, Simone a 89 ans, l’énergie d’une quarantenaire et un esprit aussi large que beau. Portrait.

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“J’ai 89 ans, mais je ne peux pas dire que j’ai toutes mes dents” s’amuse Simone. Sa manière d’appréhender la vie, la sienne comme celle des autres, fait envie. Tout chez elle exprime le “lâcher prise” et la liberté d’esprit. Ni gâteau, ni acariâtre, elle représente en somme l’inverse du stéréotype de grand-mère qu’on découvre au travers des films et des publicités. Elle n’a pas peur de l’âge qui avance du moment qu’elle garde la forme, elle est très claire là-dessus: si jamais elle devait devenir impotente, elle se ferait euthanasier. L’héroïne de ce reportage porte d’ailleurs en permanence un collier qui stipule qu’il ne faut pas la réanimer en cas de malaise.

Elle est relax, Simone, quand elle déambule entre Bruxelles et la mer du Nord, curieuse de tout ce qui l’entoure. Et c’est sans doute là sa plus grande force. C’est d’ailleurs ce qui l’a motivée à pousser la porte de l’église du Béguinage, à Bruxelles, pour apporter des vêtements à quelques-uns des réfugiés afghans qui y étaient rassemblés en 2013. Elle y rencontre une petite famille, composée du couple parental et de ses deux très jeunes enfants. Lui, était joueur de foot dans l’équipe nationale et elle, était professeur. En Belgique, ils se retrouvent sans rien, dans un camp de fortune. Alors Simone, qui n’est pas militante mais simplement à l’écoute, leur propose de venir prendre une douche chez elle. Une chose en amenant une autre, ils finiront par tisser un lien très fort.

Aujourd’hui, Nafisa et Mohammad ont leur propre appartement en région flamande. Leurs deux garçons ont bien grandi et considèrent Simone comme leur grand-mère, même si ce n’est pas forcément un titre qu’elle apprécie, trop réducteur sans doute. Même sa propre fille l’appelle Simone, c’est dire. Mais le lien, la tendresse qui les unissent crèvent les yeux. Des étrangers qui n’auraient jamais dû se croiser forment désormais une famille, le message est joli, la réalité l’est encore plus. Sublimé par la personnalité à part de cette octogénaire lucide et (très) mobile – artiste dans l’âme qui confectionne elle-même des montages en guise de cadeaux pour son gendre par exemple -, ce documentaire signé par Dominique Guerrier est un trésor d’humanité. Un petit morceau de vie, un témoignage du vrai qui suit le quotidien ordinaire d’une femme extraordinaire.

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