Hommage à Lucky Luke

Arte souffle (timidement) les 70 bougies du cow-boy solitaire avec un documentaire de 52 minutes qui dégaine les intervenants plus vite que son ombre.

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Cette chevauchée documentaire n’a qu’une obsession: s’enfoncer à l’Ouest. L’ouest du Plat Pays tout d’abord, dans les plaines catholiques flamandes de Courtrai où naquit un certain Maurice De Bevere. C’est grâce à un simple projecteur Pathé-Baby et sa fonction pause, que le jeune homme se serait passionné pour la décomposition d’images animées. C’est l’Ouest encore qui l’appela des décennies plus tard, poussé par Jijé et accompagné de Franquin. Une ligne horizontale avait été tracée sur la carte des USA, le trio s’y engouffra, tente canadienne (jamais dépliée) sur le toit de la voiture, pour une orgie de grands espaces. L’aventure américaine se poursuivit à New York. L’Est eut parfois du bon, c’est en ces terres urbanisées que le cow-boy solitaire, qui semble enroulé dans un drapeau belge, rencontra son légendaire acolyte et scénariste: René Goscinny.

Si cela appuie son apparence désordonnée, le documentaire marque des points en faisant un ultime détour occidental hors des cases de la bande dessinée. Aux côtés de Joë Hamman, dans le sillage des Wild West Shows de Buffalo Bill, on découvre le western à la française, tourné en Camargue à grand renfort de cascades suicidaires. Un bon moyen de réancrer le héros intemporel dans les époques qui l’ont vu évoluer: de  ? ? ? censures jeunesses ? ? ? en campagnes antitabac. En sous-texte discret, c’est tout l’enjeu de la survie du mythe qui se joue. D’un côté, certains experts BD comme Hugues Dayez, se montrant grincheux quant aux nouvelles aventures, craignant un personnage qui se délite. De l’autre, la nouvelle équipe composée de Jul et Achdé parle d’héritage tandis que des planches de l’album hommage réalisé par Matthieu Bonhomme (L’homme qui tua Lucky Luke) semblent crier l’importance de maintenir le personnage vivant, dans son époque.  

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