Soyez curieux, soyez heureux

«Il ne faut pas avoir peur de la science. Il faut éduquer les hommes à bien s’en servir.» Voilà pourquoi Patrice Goldberg se décarcasse pour réveiller nos cellules grises. 

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Début novembre, l’émission scientifique de la RTBF a remporté à nouveau un prix, et pas des moindres: le Trophée d’or du Festival international de Shenzhen. Patrice Goldberg s’émerveille. “Il y avait la BBC, National Geographic, tous les grands, et nous avons reçu la plus haute distinction. Avec nos petits moyens!”

Quelle est la “touche” Matière grise?

PATRICE GOLDBERG – Nous sommes intransigeants sur le fond. Ensuite, on veut toujours choisir un angle. On l’éclaire d’un point de vue particulier. Formellement, chaque plan, chaque image doit être signifiant. Enfin, on veille à rester le plus légers possible. On aborde des thèmes lourds, difficiles, mais en évitant le zoom sur la larme.

Une mission qui vous tient à cœur?

P.G. – Faire renaître la curiosité et le plaisir chez les gens. La science c’est pas chiant! Les enfants en sont convaincus, ils adorent. C’est en secondaire, quand des profs pas toujours convaincants les assomment avec des maths à outrance, de la physique, de la bio… qu’on les dégoûte.

Comment abordez-vous les jumeaux ce soir?

P.G. – Quand on voit des vrais jumeaux, la réflexion est toujours “qu’est-ce qu’ils se ressemblent”. La recherche fait l’inverse et étudie leurs dissemblances. Comment des individus génétiquement identiques évoluent-ils différemment? Ça permet de mettre en évidence que nos gènes, certes, font de nous ce que nous sommes, mais qu’ils ne sont pas la clé de tout. Les facteurs environnementaux influencent notre identité.

C’est le retour du libre arbitre!

P.G. – C’est pousser loin. Je ne peux pas décider de devenir un basketteur de 2 m 40. Mais oui, quand même, on a une marge de manœuvre. Chacun est unique, chacun change en permanence. Vous ne vous rendez pas compte à quel point il est extraordinaire d’être en vie…

Votre dernier émerveillement, c’était?

P.G. - En tournage, j’ai vu pour la première fois un colibri, en vol stationnaire, butinant une fleur. C’est incroyable, le nombre de phénomènes biophysiques qui permettent ça. La vie a permis ça. Ça existe. C’est magnifique.

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