L’envahisseur masqué

Une pizza industrielle contient 7 grammes de sel. 2 grammes de plus que l’apport journalier maximum recommandé par l’OMS. La balance sanitaire s’affole.

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Pour bien grandir évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé”. Depuis que la santé publique fascine les téléspectateurs en prime time, de plus en plus d’enquêtes ressemblent aux infos nutritionnelles diffusées durant les dessins animés. Et c’est, dramatiquement, toujours la même histoire qui se raconte. Des scientifiques alertent depuis plusieurs années sur les dangers de tel ou tel produit tandis que le lobby de l’industrie, moyennement concerné par le bien-être des consommateurs, s’évertue à les discréditer et à veiller à ce qu’aucun texte de loi ne vienne contrarier ses transactions.

Le sel ne fait pas exception. Dans le rôle du lanceur d’alerte incompris, on retrouve Pierre Meneton. Le lobby des salines a été jusqu’à écrire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale pour demander son renvoi puis l’attaquer en justice. Ce spécialiste n’est pourtant pas le seul à clamer que l’abus de sel provoque entre autres de l’hypertension pouvant conduire à des AVC ou des infarctus.

L’OMS estime que nous devrions limiter notre consommation à 5 grammes de sel par jour. En moyenne, nous en ingérons plus de deux fois plus. Inutile d’être un compulsif de la salière pour battre des records: pain, fromage, plats préparés… Même les médicaments effervescents contiennent du chlorure de sodium. Pour Enquête de santé, Bruno Timsit pointe du doigt les sources de sel “cachées” et vient chercher un bon exemple de notre côté de la frontière en suivant un inspecteur de l’Afsca venu contrôler le taux de sel des pains wallons.

Des équipes de chercheurs tentent de mettre au point un substitut au sel, en explorant notamment la piste de la vitamine B4, en attendant les diététiciens conseillent de privilégier les produits frais et d’assaisonner avec d’autres herbes et épices.

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