Amélie s’en va-t-en guerre

Depuis Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, on ne pensait plus que l’association Jeunet/Audrey Tautou réitérerait une telle merveille.

longdimanche5_f3

Surtout que Jean-Pierre comme Audrey, bien conscients que le succès a aussi son revers, ont eu beaucoup de peine à se délester de cette encombrante Amélie. Ainsi, pendant que Tautou glissait dans d’autres peaux et d’autres destins cinématographiques, Jeunet de son côté se creusait le ciboulot jusqu’à l’obsession au sujet de la grande guerre, avec l’idée un peu folle d’adapter le sublime roman de Sébastien Japrisot, puisqu’Un long dimanche de fiançailles lui tourne en tête depuis son film Delicatessen.

L’histoire? Durant la guerre de 14-18, tout porte à croire que Manech est tombé au combat pour la France. Mais Mathilde croit en ce que lui dit son cœur et, persuadée qu’il est bien vivant, se lance dans une grande enquête pour retrouver l’amour de sa vie. Jeunet tient le sujet en or et n’imagine personne d’autre que Tautou pour le rôle de la douce, rêveuse et obstinée Mathilde. Et tant pis si un journal français, ayant flairé la bonne affaire, a déjà titré “Amélie dans les tranchées”. Pour s’éloigner d’Amélie, Jeunet convoque le Kubrick des Sentiers de la gloire et fait aussi fusiller des pauvres types pour l’exemple, n’ignorant rien des crasses de cette sale guerre qu’il filme avec un réalisme auquel il ne nous a guère habitués. Mais dans ce grand tas de boue et de mort, se dresse le visage lumineux de Mathilde. Et c’est l’amour, notre dernier souvenir de ce tout beau film de cinéma.

Sur le même sujet
Plus d'actualité