Le film du jour: Le pont des espions

Spielberg fait le pont

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Il a fait le pont dans son dernier film, mais ne s’arrête jamais de tourner pour autant: au 20e comme au 21e siècle, Steven Spielberg reste un fabuleux conteur d’histoires et figure en très bonne place au rang des plus grands réalisateurs du 7e Art. Il le démontre à nouveau avec Le pont des espions, qui revisite un fait réel de la guerre froide, à l’époque où le monde était divisé en deux blocs – l’Est et l’Ouest – et où Berlin voyait un Mur affreux, conséquence expiatoire des atrocités du régime nazi, lézarder l’ancienne capitale du Reich. Mais autant prévenir les inconditionnels de James Bond ou Jason Bourne: pas de rythme trépidant ni de cascades spectaculaires au programme! Spielberg nous promène à travers les deux Berlin, le capitaliste et le communiste, en donnant la priorité à des dialogues acérés et à une reconstitution aussi élégante qu’impressionnante de l’atmosphère d’alors. On se laisse embarquer sans peine dans ce voyage à travers le temps, d’autant plus que, parallèlement, le réalisateur développe une relation très forte, d’où émerge un évident respect mutuel, entre l’avocat James B. Donovan (excellent Tom Hanks) et l’espion soviétique Rudolf Abel (formidable Mark Rylance, oscarisé pour son rôle). “C’est avec la chute du Mur de Berlin, en 1989, que ma vision du monde a réellement changé. La vie n’était plus aussi simple, ni aussi manichéenne”, déclarait Hanks. En nous faisant franchir le pont de l’Histoire, Spielberg nous offre une vision impressionnante de lucidité sur la façon dont les hommes façonnent notre monde.  

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