Entre deux mères: lorsque l’enfant reparaît

Dans Profilages, Odile Vuillemin incarnait déjà une héroïne complexe. Un travail qu’elle poursuit avec le personnage de mère blessée qu’elle incarne ce soir.

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Entre deux mères est qualifié par la RTBF de “téléfilm événement”. On approuve. Pas tant pour sa production soignée, que pour la qualité du traitement de son sujet. On parle ici d’une petite fille de 4 ans, Alice, disparue sur une plage. De sa maman dévastée qui ne croit pas à la thèse de la noyade et n’arrive pas à tourner la page. Puis de la réapparition de l’enfant, kidnappée, élevée durant 11 ans par une autre femme. Normalement, la belle histoire s’arrête sur ce miracle. Happy end, larmes de joie, empathie, fin, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Pas ici. Ici, justement, c’est aux jours d’après que l’on s’intéresse.

Le film nous balance combien la vie ne devient pas un long fleuve tranquille. Sarah (Odile Vuillemin) et son mari (François Vincentelli) récupèrent leur fille. Et la ravisseuse, Jeanne, se retrouve dans la peau de sa victime: elle doit vivre avec le manque de cet enfant qui est devenu le sien. Et Alice, devenue ado, se retrouve tiraillée entre deux mamans: la “vraie” et celle qui a pris soin d’elle, qui l’a aimée, qu’elle a aimée pendant onze ans. C’est fort, très très fort. Et c’est vrai, commente Sonia De Grave, psychothérapeute: “On est très proche du syndrome de Stockolm, cet attachement qui se noue entre un otage et son ravisseur. Pour tous, le kidnappeur est un monstre. Pour l’enfant, c’est une personne qui a plus ou moins bien pris soin d’elle, c’est un référent, un modèle. Et on lui apprend que cette personne qui l’a construite est malfaisante. Et qu’elle doit aimer une étrangère, qui est sa vraie mère mais qui n’a jamais incarné ce rôle-là. Le conflit de loyauté est insupportable…” Et diablement télégénique!

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