L’amour est dans le pré, le succès aussi

Audiences record cette année pour une émission qui fait beaucoup rire, qui attendrit  parfois, qui dérange certains… Et qui n’est pas toujours facile à vivre pour ses acteurs.

L'amour est dans le pré ©Jean-Michel Clajot/RTL-TVI

En mai déjà, la présentation des fermiers a été plus suivie que toutes les précédentes. Les agriculteurs n’ont jamais reçu autant de courrier. Le démarrage en octobre a pulvérisé le lancement des sept autres saisons, et de semaine en semaine les audiences crèvent les plafonds. La semaine passée encore, l’émission a réuni 720.302 téléspectateurs, se hissant à la deuxième place des audiences du jour, juste derrière le JT spécial de RTL-TVI consacré aux élections américaines.

Pour certains, l’émission a eu un impact bien plus important puisqu’elle a carrément changé leur vie. Chaque saison, 60 % des agriculteurs trouvent leur bonheur via le courrier ou les rencontres, et on compte aujourd’hui quinze bébés estampillés L’amour est dans le pré. Beaucoup de ces célibataires ont vécu au moins une jolie histoire de quelques semaines ou quelques mois. De quoi tirer un bilan largement positif de leur participation. Alexis par exemple, un prétendant de Maxim, est ravi: “Au speed-dating, aucune personne ne m’a plu vraiment. Je ne les trouvais pas très beaux, ils étaient tous efféminés. Et la personnalité de Maxim ne collait pas trop à la mienne. Mais plein de gens m’ont vu à la télé, j’ai reçu des messages sur des sites de rencontres. Et on répond maintenant  à mes mails envoyés il y a des mois!” 

L’émission rassure et rassemble

Les téléspectateurs, eux, jouent sur plusieurs tableaux. Certains fondent devant les yeux tristes et les tentatives d’approche maladroites comme des marshmallows au-dessus d’un feu de bois. D’autres se prennent au jeu du feuilleton: Jeremy va-t-il se décider? Ursula se laissera-t-elle convaincre? Vous le saurez dans le prochain épisode de Plus belle la campagne. Les mauvais esprits ricanent devant un intérieur particulièrement kitsch ou une tenue qui ferait peur à Cristina Cordula. Et tout le monde ou presque rit, devant les situations de vaudeville, les personnages hors du commun, les dialogues surréalistes. L’émission a une autre vertu: loin des cités, de l’insécurité, du terrorisme, elle rassure et elle rassemble, comme le souligne Wiet Bruurs, directeur du divertissement sur RTL-TVI. “Le public a besoin de repères à tous les niveaux et donc aussi pour le divertissement. Et aujourd’hui L’amour est dans le pré est une valeur sûre. C’est une émission bon enfant, qui s’adresse à l’ensemble de la famille, même si c’est du dating. Et l’une des rares encore systématiquement regardées en famille. Ce qui fait évidemment que c’est plus facile de rassembler beaucoup de monde. Et c’est ce genre d’expérience qui dépasse un peu l’émission télé.”

Faut le vouloir…

Si le public savoure les couacs qui font le sel de l’émission, les protagonistes, eux, passent parfois de mauvais quarts d’heure. Les prétendant(e)s notamment ont intérêt à avoir le cœur bien accroché. La mécanique de l’émission, déjà, impose des “victimes”. Candidates en recherche elles aussi d’un amour petit ou grand, la plupart se prennent des râteaux et se font éliminer en public. Dur pour celles qui avaient déjà investi dans une relation imaginaire et pour celles qui n’ont pas grande confiance en elles – parfois hélas ce sont les mêmes. Les agriculteurs, ragaillardis par cet assaut d’intérêt auquel ils ne sont pas habitués, se la jouent parfois trop. Il leur arrive de manquer de diplomatie, voire d’éducation. 

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