Chefs, fais-moi peur

La brigade de Chefs remet le couvert et passe au gril les tendances très masochistes de la plupart de ses protagonistes. Pimenté.  

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Honnêtement, on a craint le pire en découvrant la scène d’ouverture de cette deuxième saison. Dans une ambiance très accentuée de tripot, peuplée de figurants ayant bizarrement associé les esthétiques gothique et punk à chien, le grand chef déchu (Clovis Cornillac) se prête à une roulette russe culinaire. Tout comme ses adversaires, il doit avaler des ingrédients mystère en essayant de ne pas tomber sur celui qui lui fera instantanément vomir ses tripes. Inventif… mais flippant. Un réalisateur qui effraie le téléspectateur avec des scènes aux frontières du too much, des adultes qui jouent à se faire peur, c’est un peu le thème de cette nouvelle saison qui réussit finalement assez vite à capter l’attention et à créer un appétit pour les rebondissements qui affectent ces destins croisés.

“Parce qu’on a besoin d‘exister, on va se faire du mal”, résume Hugo Becker en parlant de son personnage, Romain, et des tendances autodestructrices du paternel. Passé de repris de justice à génie de l’assiette, le jeune chef a du mal à gérer son nouveau statut: “Il aurait tout pour que ça aille bien mais il lui manque la reconnaissance de son père et il veut aussi se prouver beaucoup de choses à lui, il se fait vite happer par les rêves de grandeur. Il part tellement de rien qu’il se dit que si cette évolution a été possible, il peut aller encore plus haut, et M. Édouard (Robin Renucci) l’influence dans ce sens-là”. Alors que le fils se retrouve englué dans une nouvelle quête initiatique aux accents mégalos, le père quitte ses concours de dégustation d’amanite phalloïde pour redémarrer en bas de l’échelle. Une saison boostée par des seconds rôles au bon potentiel narratif comme la sommelière charmeuse (Leslie Medina), une pro des cocktail tendance insoumise (Sara Mortensen) ou un tenancier revêche (Philippe Nahon).

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