Unforgotten, Very Cold Case

Enquête policière, travail de mémoire et réflexion sur les apparences: le charme discret d’Unforgotten.

unforgotten3_f2

Un crime vieux de plusieurs décennies est-il moins grave qu’un homicide tout frais? Sûrement pas pour l’inspectrice Cassie Stuart, dont l’empathie et la volonté de justice ne connaissent guère les frontières du temps. Alors, quand des ossements sont retrouvés sous les fondations d’un immeuble promis à la démolition, elle se jure de découvrir, à tout le moins, l’identité du squelette. Pas facile lorsque la mort, avérée criminelle, remonte à près de quarante ans… Mais cette attachante série policière venue d’outre-Manche entend prendre son temps. Une saison entière, soit six épisodes, pour remonter le fil du drame et dénicher l’assassin.

Là où nombre de ses grandes sœurs optent pour de banals flash-back, Unforgotten choisit intelligemment de s’en abstenir et reconstitue avec patience l’histoire de la victime – un adolescent noir – au travers de ceux qui l’ont approchée à l’époque de sa mort. C’est ainsi que l’on fait la connaissance de quatre personnages autrefois liés au jeune homme, coupables potentiels dans une enquête qui se révèle plus complexe que prévu. Car ces quatre-là – un pasteur, une éducatrice, un retraité paraplégique et un homme d’affaires haut placé – cachent des secrets pas jolis jolis. Trouver la part de vérité “dans des souvenirs complètement foireux” relève de la gageure pour Stuart, pourtant flanquée d’une équipe efficace. Surtout, l’investigation vient bousculer l’entourage des suspects, qui voit se fissurer l’image proprette de leur mari, femme ou père. Classique, la série n’en demeure pas moins efficace et jongle habilement entre des personnages qu’elle parvient à nous rendre terriblement humains, distillant même une réflexion sur les apparences et le poids du passé – jusque dans les rapports, touchants, de Cassie Stuart avec son père. Pas révolutionnaire, mais assurément à découvrir.

Plus d'actualité