La veuve noire de l’Isère

Avril 2016, Manuela Gonzalez Cano est condamnée à 30 ans de réclusion pour le meurtre de son mari. Un fait divers complexe qui réclamait le travail acharné de Christophe Hondelatte.

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Retour sur l’affaire de ce soir: la Veuve Noire de l’Isère. Les avocats de Manuela n’aiment pas ce surnom répandu dans la presse. Cette femme de 55 ans qui, au moment du tournage, est sur le banc des accusés, a cristallisé l’intérêt médiatique pour plusieurs raisons. D’abord, évidemment, l’accusation du meurtre de son mari Daniel, retrouvé brûlé dans sa voiture en 2008. L’enquête avait conclu à un incendie volontaire. Et les analyses toxicologiques avaient relevé des somnifères dans son sang… Il n’en fallait pas plus pour pointer du doigt sa veuve. Mais ce qui a interpellé l’opinion et les juges, c’est le passé trouble de Manuela, qui semble avoir mené une existence jalonnée par la perte de ses compagnons. Deux d’entre eux sont en effet disparus de mort violente, deux autres ont été intoxiqués… De quoi intriguer. Sauf qu’il n’y a pas de preuves. La matière du procès était donc dense, d’autant que l’investigation avait été polluée de vices de procédure.

Il a fallu tout le travail perfectionniste et rigoureux de Christophe Hondelatte pour en tirer un reportage aussi documenté, humain, sans (trop de) sensationnalisme. Il a fallu aussi tout son entregent et sa crédibilité pour obtenir que l’accusée elle-même accepte de se confier et de se raconter. Son témoignage sera un moment aussi saisissant qu’ambigu, qui éclaire toute la complexité du travail de la justice. Un programme qui joue au yo-yo avec nos émotions, entre dégoût, indignation, fascination et pitié. Une vraie réussite dans le traitement d’un fait divers. Bien plus qu’un Faites entrer l’accusée bis.

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