Héro, shit et ch’tis

Lille, par sa proximité avec les Pays-Bas et la Belgique, est devenue le paradis français des dealers. Qui ne reculent devant rien pour écouler un peu (beaucoup) de came en tous genres.

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Dans le nord de la France, on renomme les rues. Près de Roubaix, il y a une artère qu’on appelle désormais Boulevard du shit. Une autre, à Lille est devenue le boulevard de la poudre. La métropole française, frontalière de la Belgique, est aujourd’hui une plaque tournante de la drogue. Ainsi, il est devenu courant de voir les faits divers de La Voix du Nord égrener les affaires de drogues. Deux frères condamnés à trois ans de prison pour avoir détenu près de 500 grammes d’héroïne dans un appartement. Trois mineurs interpellés pour avoir détenu de la dope pour une valeur de 160.000 euros, ce qui fait en tout 400 grammes de cocaïne et 3,6 kilogrammes d’héroïne, une des spécialités locales. C’est le genre d’histoires dont Lille est désormais grande pourvoyeuse. Ici, on peut trouver de l’héro pour vingt euros le gramme. Deux ou trois fois moins cher qu’ailleurs en France.

Gros changement, dans le paysage de la drogue au pays des ch’tis: avant, des binômes ou des trinômes géraient les trafics. Aujourd’hui, il s’agit, selon la PJ de Lille, de véritables associations organisées, avec des rabatteurs, des grossistes, des chauffeurs. Martine Aubry a demandé à Bernard Cazeneuve, le Ministre français de l’intérieur, un plan spécial anti-drogues pour la ville. Il y a deux ans, pas moins de dix mille personnes ont été arrêtées par la police suite à une affaire de drogues. Plus souvent des consommateurs que les gros bonnets qui développent les trafics, toutefois. La Deux démontre les méthodes fêlées des dealers, qui peuvent gagner jusqu’à 10.000 euros par mois et multiplient les intimidations pour assurer que leur business continue. En face, les policiers, débordés, tentent de ramener les zones empoudrées dans l’état de droit et de chercher les têtes des réseaux.

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