“Cartonnade” flamande

De Zaak Alzheimer, Rundskop avec l’épatant Mathias Schoenaerts qui a vécu son rêve de gamin en se hissant aux sommets de Hollywood, et à présent D’Ardennen.

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Le thriller flamand a le vent en poupe et personne ne semble aujourd’hui en mesure de l’arrêter. La recette de ces “cartons” semble simple lorsque l’on entend les réalisateurs de ces solides polars qui semblent parler de la même voix lorsqu’on les interroge: être relativement jeune, avoir été biberonné toute sa jeunesse aux polars métaphysiques de Scorsese, aux néo-polars saignants de Tarantino et aux tragédies noires de James Gray. Bref, plutôt que de geindre sur la place que les blockbusters ricains occupent dans notre espace cinématographique, les réalisateurs flamands, volontiers pragmatiques, ont décidé de prendre exemple sur les meilleurs d’entre eux, jusqu’à se créer, sans s’en rendre compte peut-être, une double culture artistique.

D’Ardennen, mettant en scène une violente lutte fratricide, procède du même plaisir de cinéaste. Donner une dimension mythique de “rêve américain” à nos petits escrocs et à nos paysages plats et désespérés. Pourtant ces hommes emberlificotés dans les fils d’un destin ricaneur ne rêvent que d’une “vie banale”, comme le dit Sylvie, passée des bras de Kenneth à ceux de son frère Dave pendant qu’il était en prison. Formidable thriller sur l’impossible reconstruction, à l’esthétique poisseuse et belle virant au surréalisme noir à la Coen Brothers au fin fond des forêts ardennaises, D’Ardennen est un grand thriller d’ambiance à la tension intenable, une nouvelle preuve éclatante de la vitalité du cinéma flamand.

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